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Hassan Nerinoglu. Né le 24 mars 1968 à Ankara, en Turquie. Venu en France avec ses parents en 1971. Parents repartis pour la Turquie en 1995 pour y jouir de leur retraite bien méritée. Aucun lien régulier avec ces derniers. Première inscription au casier judiciaire à 11 ans, pour vols à l’étalage multiples. Mise en maison de redressement à 13 ans. Évasion six semaines après son arrivée. Pris en flagrant délit de recel de matériel hi-fi volé à 14 ans. Première condamnation à 16 ans, deux ans ferme. Récidive trois mois après sa libération. Quatre ans. Deux effectués puis remise de peine pour bonne conduite (!). Plus rien au casier officiel, mais suspecté de complicité lors de multiples braquages. Pas de preuves. Liens avec la pègre lyonnaise avérés. Suspecté du meurtre d’une petite vieille en 1996 mais là encore, pas de preuves, donc non-lieu. Niveau des études : le bac. Prédilection pour la chimie et la physique. Élève intelligent en classe, mais indiscipliné (tu m’étonnes...). Service militaire effectué dans le génie. Situation actuelle : sans emploi déclaré, célibataire. Change souvent de résidence. Prédilection pour les banlieues chaudes. Fréquente assidûment les mosquées les plus extrémistes. Signe particulier : une trace de brûlure sur le torse, séquelle d’un accident de laboratoire lorsqu’il était en Terminale.
Tout en se remémorant le contenu du dossier, Thomas se dirigeait vers le palier du troisième étage de l’immeuble. Son plan était simple. Il devait entrer rapidement en contact avec Mehdi. Se servant que ce que lui avait raconté son vieil employé Mekraoui, il comptait se faire passer pour un ancien ami de son père afin d’entrer en contact avec lui. Puis il avait prévu d’amener Mehdi à se mettre de son coté en lui révélant, avec force détails, le sort funeste qui l’attendait.


Pas génial comme plan, il le savait mais le temps jouait maintenant contre lui. Mehdi avait un tueur aux trousses et s’il venait à mourir, il perdrait une précieuse source d’information.
Vérifiant une dernière fois que sa tenue (un vieux costume élimé) et son maquillage étaient parfaits, Thomas, sous le masque d’Abdel, sonna à la porte. Cette dernière, à la surprise de Thomas, s’ouvrit rapidement.


“ Mehd...Oh excusez-moi...
- Vous êtes madame Elhadj ?
- Oui c’est bien moi.
- Je m’appelle Abdel Ben Kassem. Je suis venu voir votre fils.
- Il est sorti. Je croyais que c’était lui d’ailleurs... Pourquoi voulez-vous le voir ?
- J’ai...Je dois lui parler rapidement madame. C’est très urgent. Vous ne savez pas où il peut être ?
- Non il ne ‘a rien dit quand il est parti. J’espère qu’il n’est pas arrivé un malheur...
- Pourquoi dites-vous cela ?
- Il est parti comme un fou mon bon monsieur. On aurait dit que le diable lui courrait après. mais où, ça, je ne le sais pas...
- C’est très important madame... Vous ne le savez vraiment pas ?
- Puisqu’on vous dit qu’elle ne le sait pas ! Et puis d’ailleurs, qui vous êtes ?”


Une jeune femme, vêtue d’une belle robe rouge, était venue en renfort de sa mère.
Thomas, à raison, estima qu’il s’agissait d’une des sœurs aînées de Mehdi.


“ Si vous êtes de ses copains de mosquées, alors on a rien à vous dire ! On ne veut pas se mêler à des bandits comme vous !
- Mademoiselle, je vous jure que ce n’est pas le cas. Il faut que je sache ou est parti votre frère. C’est très urgent.
- Et vous croyez qu’on va vous croire comme ça ! Allah m’est témoin que si j’ai un jour l’occasion de vous botter le cul, je n’hésiterai pas à le faire !
- Bon, ça suffit...”


D’un geste violent, Thomas, excédé, tira la jeune fille à l’extérieur. D’un geste brusque, il la coucha sur le sol tandis que la mère de la jeune fille se mit à hurler au meurtre. Thomas tira alors de sa poche de veste un manche qu’une pression changea en lame acérée qu’il plaça sur la carotide de la jeune femme.


“ Maintenant vous, vous allez vous taire ! Un mot de plus et elle est morte !”


La mère hoqueta encore quelque peu, puis les sanglots d’épouvante prirent le dessus et plus aucun son ne sortit de sa bouche.
Satisfait, Thomas revint à la jeune fille.


“ Maintenant, si tu veux vivre, tu vas me dire ou ton frère est parti !
- Fumier...
- Je te conseille de vite me répondre ! Ton Mehdi est dans une sale merde et je suis la seule personne qui puisse encore le sauver mais pour ça, tu dois me dire où il est parti !
-Je...Glup...Il a eu un appel de son pote Youssef. Je crois qu’il y a eu un truc bizarre car il a foncé droit chez lui...
- Il habite où, ce Youssef ?
- Pas loin... L’immeuble en forme de U... la porte D, au dixième...Le numéro 1005 je crois...
- Eh bien voilà...”


Thomas enleva la lame de la gorge de la jeune femme et il commença à descendre. Se ravisant, il revint un peu en arrière et leur dit :


“ Enfermez-vous et n’ouvrez à personne ! Surtout pas aux amis de votre fils ! Et s’il revient soyez sûres qu’il est bien seul avant de lui ouvrir ! Vos vies en dépendent.”


Tout en descendant les escaliers, Thomas commença à arracher le masque qui protégeait son visage. Après un tel interrogatoire, il est évident que le pauvre Abdel allait devenir une cible pour tous les policiers. En courant, il se dirigea vers l’immeuble indiqué.
Et en chemin, il pria pour qu’il arrivât à temps...