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“ Je ne sais pas exactement comment tout cela s’est terminé pour le flic, mais l’autre avait raison. Il était dans une belle merde ! Proférer des insultes racistes à un attaché d’ambassade, ça la fout mal !”


Accoudé à la rambarde de la petite passerelle qui enjambait la Saône, Thomas racontait à son amie Anne, fraîchement revenue de son exil, ce qu’elle avait manqué durant son trajet de retour.


“ Et ensuite ?
- Tu veux vraiment rester ici, Anne ? Il commence à faire frais...
- Ça va aller pour moi, merci. J’ai tellement eu peur de ne jamais revenir ici que je veux profiter de la vue. Ça ne te gêne pas, j’espère...
- Beaucoup, mais bon, fais comme tu le sens...
- Merci. Alors, que s’est-il passé ensuite ?
- Eh bien le lendemain, le préfet avait l’ambassadeur du Pakistan lui-même, venu spécialement de Paris, et la rencontre n’a pas vraiment été courtoise à ce que l’on m’en a raconté. Le préfet a finit par calmer le diplomate en lui promettant d’être ferme et exemplaire sur le scandale en question. J’imagine que le pauvre va se retrouver dans le coin le plus pourri possible pour le restant de sa carrière...
- Qu’il soit heureux d’avoir conservé sa place !
- Ça je n’en sait rien, je ne m’occupe pas des affaires des autres...Enfin pas quand on ne me paye pas pour ça...
- Et le laboratoire de la mosquée ? Ils en ont tiré quelque chose ?
- Pas vraiment...En fouillant bien, ils ont mis la main sur des fûts d’acide acétique et en filtrant l’air ils ont pu obtenir des traces de cocaïne pour étayer leurs accusations, mais sinon, rien. Pas de cubes. Pas de documents. Pas de...Mais hé ! Pourquoi tu me demandes ça ? Tu as bossé dessus toi ! Tes patrons ne t’ont rien dit ?
- Bien sûr que si...Enfin dans les grandes lignes. Tu sais Thomas, c’est une affaire que je voudrais voir réglée rapidement afin de vite l’oublier. Il y a des choses que j’ai vu que je voudrai bien effacer de ma mémoire.
- Je crois que je peux te comprendre... Le pire dans l’histoire, c’est que personne ne paiera pour la mort de la taupe.
- Je sais ça aussi...Quelle connerie que l’immunité diplomatique. Dire que ce pourri de Neri...comment déjà ?
- Hassan ? Nerinoglu. On peut oublier toute justice de son coté aussi.
- Pourquoi cela ?
- Tu suis vraiment pas tes dossiers jusqu’à la fin toi...
- En général si, mais là c’est un cas que je veux éviter le plus possible...
- Eh bien si tu avais pris le temps de te renseigner comme moi je l’ai fait, tu saurais que notre cher Hassan travaille officiellement pour le consulat du Pakistan depuis deux semaines.
- C’est pas vrai ???
- Ils lui ont trouvé un poste bidon afin de le protéger, pour services rendus. Résultat, Hassan est désormais intouchable par la justice. Je ne serai pas surpris de le voir s’envoler pour l’Asie dans les prochains mois.
- Alors, ça va finir comme ça ? Le laboratoire démonté, et sans doute déjà opérationnel ailleurs ? Le tueur diplomatiquement couvert ?
- On ne gagne pas à tous les coups, tu devrais le savoir, Anne. Le seul point positif, c’est que maintenant,tu ne risques plus rien.
- Ça je voudrais bien le croire...
- Bon c’est vrai qu’il y a toujours un risque. Mais pas plus qu’avec ta profession en temps normal... Si tu veux te rassurer, dis-toi que ta mort ne ferait que raviver l’enquête vers eux. Ils ont pu s’en sortir, mais ils ont senti le vent du boulet, et ils te laisseront tranquille pour se faire oublier. Ça j’en fait le pari.
- Tu en parle comme si tu les connaissais bien...
- Anne, je ne te mentirai pas en te disant que je n’ai jamais eux affaire à des truands de ce genre. Mais j’en connais suffisamment sur la question pour te dire dans les yeux que maintenant, tu seras tranquille de ce côté.
- C’est gentil d’essayer de me rassurer...Mais où vas-tu ?
- Je rentre ! Je suis en train de me les geler à force de rester galant !”


Un peu gênée, Anne quitta la passerelle et rejoignit Thomas. S’accrochant à son bras, les deux amis s’éloignèrent du fleuve en quête d’un endroit plus chaud. Anne, encore inquiète sur son avenir, se réconforta à la chaleur du corps de Thomas. Elle jeta un coup d’oeil au visage du jeune homme qui lui rendit un bref instant son regard. Détendue, elle s’abandonna et laissa à Thomas le choix de la destination.
Thomas, rassuré par le retour de son amie, se prit à cesser un instant à penser à ce qui allait s’ensuivre désormais.


Un laboratoire de drogue dans la nature.


Un tueur intouchable.


Un jeune homme tremblant de peur dans sa cellule.


La suite allait être...


Intéressante. Thomas en était persuadé. et il se prit à en sourire.
Oui. Très intéressante...

 

Fin de l’épisode