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Au sud de Lyon, le paysage est assez simple à décrire. Il y a
une longue plaine rectiligne qui suit le fleuve jusqu’à la mer
et sur les côtés, de façon plus ou moins visible, on a droit
à de la montagne. Les passagers à destination des Alpes descendent
à gauche sur le quai et pour le Massif Central, c’est sur la droite.
En venant du nord, bien entendu...
En tant que patron de la société de protection de biens et de
personnes Intrusions, Thomas faisait route vers le sud, plein sud. La voiture
filait à une allure rapide sur l’autoroute car Thomas voulait arriver
un peu en avance à son rendez-vous. Il avait l’habitude de faire
ainsi pour s’imprégner un peu de l’atmosphère des
lieux, ainsi que de leur configuration avant que le patron de l’entreprise
ne lui fasse faire le tour du propriétaire. Thomas estimait qu’ainsi,
il avait une meilleure vue d’ensemble en découvrant avant par lui-même
les bâtiments qu’il aurait à protéger. Et peut-être
dans un futur plus ou moins lointain à braquer...
L’affaire que Claire lui avait présenté avant de s’en
retourner ravaler sa colère était plus qu’alléchante.
Un consortium agro-alimentaire avait fait construire un bâtiment révolutionnaire
le long de la voie du TGV un peu au sud de la ville de Valence. Thomas ignorait
encore ce qu’il y avait à l’intérieur (il ne se préoccupait
de le savoir que lorsque il y venait pour ses activités trans-légales),
mais les premières négociations étaient encourageantes
quand aux tarifs que Thomas allait appliquer pour la mission de protection qu’il
espérait bien obtenir. Pas de quoi renflouer totalement les caisses,
mais assez pour que le personnel voie le spectre de la Charrette s’éloigner
de façon significative.
Après une heure et demie de route parcourue à bonne allure, Thomas
sut qu’il arrivait à destination en voyant sur sa droite, à
l’endroit que l’on lui avait indiqué, un grand bâtiment
assez étrange dans sa conception et dans sa situation.
Il vit ce qui semblait être un mélange de bâtiment agricole
et de raffinerie. De bonne taille, Thomas estima l’ensemble comme possédant
trois, voir même cinq étages sous la carapace de métal brun
sans fenêtres. A la droite du bâtiment principal, se trouvaient
des locaux plus petits. Il y en avait trois blocs, cubiques, et tous en rez-de-chaussée.
Thomas estima qu’il s’agissait là des blocs administratifs.
Pour quelle société ? Thomas le savait car il avait son nom sur
le dossier de candidature. Mais aucun logo ni aucun nom ne s’affichait
sur la façade. L’accès à l’ensemble se faisait
plus loin, via la sortie suivante située à trois kilomètres
plus au sud. Il lui faudrait donc revenir sur ses pas, et sans doute franchir
un ou plusieurs postes de garde car un long réseau de fil de fer barbelé
entourait l’ensemble. Thomas, en voyant la clôture, en déduisit
le problème qui menaçait le bloc. A espaces réguliers,
des panneaux de carton et de bois affichaient l’hostilité de divers
mouvements écologistes quand à l’existence même des
bâtiments et de ce qu’il s’y trouvait. Thomas, entre autre,
lu :
La nature en liberté !
Non à l’agriculture carcérale !
Libérez les terres !
Atteignant la sortie d’autoroute, Thomas prit la route indiquée.
En fait, même en l’absence d’indication de la direction, il
aurait pu trouver son chemin : il lui aurait suffit de suivre les panneaux de
protestation qui jalonnaient la route menant à...l’usine ?
Thomas ralentit en voyant se profiler un poste de garde. La barrière
baissée, Thomas stoppa la voiture, alors que le planton s’avançait.
Muni de sa carte professionnelle et de son rendez-vous, Thomas franchit sans
encombre l’obstacle. Il se posa alors quelques questions sur les motifs
de sa venue. A première vue, l’entreprise possédait une
bonne sécurité. Une clôture en bon état, des gardes
de jour, sans doute de nuit aussi. Thomas ne voyait pas ce qu’il pourrait
apporter de plus. Il ne croyait pas que la société le faisait
venir lui et ses hommes pour compléter le personnel de sécurité
déjà présent. Cela ferait des frais inutiles, même
pour une multinationale. Voulaient-ils alors remplacer le personnel existant
? Externalisation de services ? Possible... Mais avec les frais d’hébergement
(les employés ne pouvaient rentrer chez eux chaque soir, le site était
trop éloigné), Thomas n’était pas sûr que la
société puisse dégager des économies suffisamment
importantes pour être valables.
Descendant de sa voiture, Thomas lissa le polo impeccablement repassé
sous sa veste noire. Avec son pantalon de même couleur, il dégageait
suffisamment de crédibilité professionnelle pour se passer de
cravate.
Il se dirigea alors, petite mallette en mains, vers le bâtiment administratif
ou il fut reçu un peu comme un chien dans un jeu de quilles par une hôtesse
menant quatre conversations téléphoniques à la fois. Un
zeste de patience lui permit d’obtenir que madame Marquant soit avertie
de son arrivée. Thomas ne tint pas rigueur de la légère
attente subie, la malheureuse employée tenant visiblement deux postes
en même temps.
“ Et ils s’imaginent faire des économies comme cela...”
Soupira intérieurement Thomas.
“ En comptant la fatigue nerveuse, sa paie que j’imagine moyenne,
le fait que cette fille ne restera que quelques mois...Ajoutez y le coût
de la formation de celle qui lui succédera et les pertes liées
aux erreurs inévitables d’un employé inexpérimenté...”
L’arrivée de Gisèle Marquant, vice-directrice d’Agrifice,
mit un terme à l’analyse micro-économique de Thomas.3La
cinquantaine bien portée, le corps bien protégé d’un
tailleur vert foncé et la tête bien coiffée d’une
couverture pileuse brune tachetée de gris, Gisèle Marquant se
présenta.
“ C’est un plaisir que de vous recevoir, monsieur Quentin. Nous
ne vous attendions que dans vingt minutes.
- Je suis un peu en avance c’est vrai, veuillez m’en excuser.
- Cela ne fait rien, monsieur Quentin. Nous allons pouvoir régler plus
rapidement cette affaire de protection qui nous tient à cœur.
- A ce sujet, chère madame, j’aimerai vous poser une question.
Vous semblez deja posséder une force de protection. Je vois mal en quoi
mes services pourraient vous être utiles...
- C’est inhabituel d’entendre cela de votre part...
- Comment cela ?
- Cela se voit que vous n’avez pas de formation commerciale, mon cher
monsieur. D’emblée vous me dites que nous n’avons pas besoin
de vous. Si vous étiez mon employé, je vous renverrai sur le champ...
- Oh... Oui en effet. Je suis quelqu’un d’assez direct. Je n’aurai
pas pu faire une formation de commercial, je suis trop mauvais menteur pour
cela...
- Vous ne manquez pas de franchise non plus...
- Je sais, madame. Un poste d’ambassadeur serait pour moi une pure folie...
J’estime que la franchise et l’honnêteté donnent au
final de meilleurs résultats que l’hypocrisie et le mensonge dans
les affaires. Je sais que j’ai perdu de nombreux contrats à cause
de cela mais je ne veux pas contrer ma nature.
- Que voilà une noble attitude... Mais foin de considérations
personnelles, si je vous ai fait venir ce jour, c’est parce que malgré
ce que vous pensez, votre société a beaucoup à nous offrir
en matière de protection.
- Ah oui ?
- Oh oui. Nos gardes actuels de la société Sécurex sont
compétents pour la plupart, mais nous estimons que nous pouvons trouver
mieux. Votre société Intrusions est un bon candidat. Au fait,
pendant que nous en parlons, pourquoi “Intrusions” ?
- Pourquoi ce nom ? Eh bien j’ai pensé tout simplement que c’était
le plus approprié pour une société de protection. Ce mot
simple décrit ce contre quoi nous luttons. Pas de son à la mode
dans le nom, juste ce que nous faisons. Ou plutôt juste ce contre quoi
nous luttons.
- Bien pensé, en effet, même si on peut faire un contresens et
croire que c’est justement ce que vous faites...
- Personnellement, j’adore jouer sur cette ambiguïté. Vous
devez savoir que je possède une autre société, Investigations
?
- Bien entendu. Mais cette fois pas de sens miroir, n’est-ce pas ?
- En effet. Même si pour investiguer, nous devons nous introduire de façon
pas très légale en certains endroits. La police est au courant
bien sûr mais avec l’aide que nous leur apportons parfois, elle
ferme les yeux sur ces moyens qu’elle voudrait parfois utiliser elle-même...
- Avec ce que vous me dites, je ne sais pas si cela est une bonne idée
de traiter avec vous...Vous pourriez utiliser ce que vous savez de nous par
Intrusions pour Investigations...
- Cela, c’est à vous de voir, madame. Mais j’ai prévu
une échappatoire pour cela. Dans nos offres de protection, il y a une
clause écrite qui spécifie qu’une société
protégée par Intrusions ne peut être “visitée”
par Investigations. Ni pendant, ni après la mission.
- Vraiment ?
- Et ce ne sont pas que quelques mots sur le papier... Je me fait un point d’honneur
à respecter mes contrats. En contrepartie, j’attend juste de mon
interlocuteur qu’il fasse de même.
- C’est bien naturel. Nous sommes de deux générations différentes
et pourtant, nous avons un point de vue identique sur cette question. En ces
temps, c’est plutôt rare...
- Que voulez-vous madame. Il y a des vérités immuables. Même
si les requins de la finance actuels s’évertuent à vouloir
les ignorer...
- Mais pour en revenir à notre affaire, que diriez-vous d’une petite
visite ?
- J’allais justement vous en prier, madame. Une des conditions que je
met avant toute signature est de visiter personnellement les installations à
protéger.
- J’ose croire que la réciproque est vraie...
- Bien entendu, vous aurez accès aux dossiers de mon personnel, surtout
des personnes que je vous proposerai pour cette mission. S’il y a le moindre
problème, n’hésitez pas à m’en faire part.
- Nous n’hésiterons pas, merci. Venez par ici, je vais vous faire
visiter.”
Gisèle entraîna Thomas au dehors du petit bâtiment. Une fois
à l’extérieur, ils se dirigèrent vers le grand hangar.
Le dialogue avait donné à Thomas plus de nouvelles questions que
de réponses. Il attendait de la visite du grand bâtiment l’inverse.
A première vue, la femme occupait une haute fonction dans la société,
mais elle ne possédait pas tous les pouvoirs. Thomas avait aussi appris
qu’une autre société était déjà en
place. Il ne connaissait pas Sécurex, et il ferait une petite enquête
sur cette dernière, au cas où. Il avait aussi glané le
fait qu’Agrifice allait devoir faire face à de nouvelles difficultés
(tant que ce n’était pas des difficultés de paiement...),
car on ne changeait pas de société de protection comme cela...La
visite du hangar, Thomas l’espérait, allait lui apporter les réponses
attendues.
Gisèle, arrivée à la porte, introduisit son passe dans
le lecteur. Le voyant vira vert et la porte s’ouvrit. Thomas nota d’emblée
les lacunes du systèmes. Un passe se vole. La porte semble solide mais
les charnières ne semblent pas à la hauteur. Et les murs de tôle
constituent aussi une faiblesse inacceptable. Agrifice était une société
agro-alimentaire de taille moyenne, quoique faisant partie du dessus du panier.
Et les dirigeants avaient cru intelligent de faire quelques économies
sur la sécurité.
La porte franchie, Thomas et Gisèle se retrouvèrent dans un couloir
d’accès qui longeait le mur en direction de la gauche. Frappant
le mur, Thomas fut surpris de voir que ce dernier rendait un son plein. Pas
de plâtre. C’est du béton. Et du bon béton. Je me
suis avancé trop vite en parlant d’économies.
Le couloir faisait un coude, parvenu à l’angle des deux cotés,
et il se poursuivait, un peu plus large maintenant. Sur la droite, il y avait
maintenant des portes.
“ Ces portes donnent sur les vestiaires et les salles de repos. Il y a
aussi une salle de garde. Si vous êtes choisis, je vous la ferai voir.
Nous arrivons.”
Au bout du couloir, une nouvelle porte blindée bloquait le passage. Pas
de carte cette fois-ci. Gisèle entra une combinaison numérique
sur le clavier situé sur la droite de la porte. Thomas nota que le clavier
n’était pas protégé et n’était pas équipé
d’un système autonettoyant. Un peu de farine soufflée sur
le clavier suffisait à mettre en valeur les touches utilisées,
grâce à la sueur des doigts. Trouver la combinaison dans ce cas-là
ne prenait que peu de temps...
Avec un bon grincement, la porte s‘ouvrit. Thomas espéra que ce
bruit était volontairement laissé. Un tel boucan attirait l’attention
de n’importe quel gardien endormi. Bien pensé, se dit Thomas.
De l’autre coté de la porte, Thomas vit l’intérieur
du hangar. Il scruta l’ensemble pendant un bon moment, cherchant à
comprendre ce qu’il voyait.
L’intérieur du hangar, très bien éclairé par
la lumière du jour, était un mélange de... ferme et de
raffinerie. Face à Thomas, il y avait quatre tours carrées, disposées
aux quatre coins de la structure. L’espace central, d’une taille
suffisante pour accueillir un cinquième ensemble, était utilisé
comme zone de passage entre les tours. L’espace était par ailleurs
occupé par une...Oh oui une bonne centaine d’ouvriers et de techniciens
qui s’agitaient de façon ordonnée dans le hangar. Chaque
tour était ceinturée d’un système de canalisations.
Thomas vit en faisant plus attention que chaque tour était divisée
en étages. Chaque tour possédait dix étages, tous de taille
légèrement inférieure à un étage d’habitation
normal. Il vit également que le sol était creusé. De l’extérieur,
on pouvait croire que l’ensemble de faisait pas plus de cinq étages
mais en fait, il y avait de la place pour une quinzaine d’étages.
Thomas nota aussi la forte odeur qui se dégageait de ce lieux. Il avait
visité des fermes et l’odeur en était identique, bien que
plus concentrée. Il identifia alors l’endroit ou il se trouvait.
Il avait, en bon lecteur de revues de vulgarisations scientifiques, reconnu
ce que les néerlandais avaient conçus pour leurs pays si peu vaste.
Une tour fermière...
“ Impressionnant, n’est-ce pas ?
- Je dois dire que oui... J’avais déjà entendu parler d’un
tel endroit, mais aux Pays-bas...
- Nous sommes redevables aux hollandais d’avoir eu l’idée
de cela, mais nous les avons surpassés maintenant. Notre système
de cultures multiples verticales, ou Cumuve, comme nous l’appelons, est
pratiquement au point. Et c’est cela que nous cherchons désormais
à protéger.
- En arrivant ici, j’ai vu les panneaux des écolos. Ils ne semblent
pas d’accord avec vos méthodes...
- Au début, nous les arrachions, mais ils revenaient toujours en poser
de nouveaux. Nous avons décidé de les laisser en place et nous
avons bien fait. On n’en voit plus la queue d’un, si vous me permettez
cette expression. Cela nous épargne de nombreuses alertes et la sécurité
est meilleure.
- Je veux bien vous croire, madame. Puis-je aller plus près ?
- Bien évidemment. Vous avez là l’avenir de l’agriculture,
monsieur Quentin. Le système Cumuve est apte à être utilisé
dans les régions possédant peu de superficie, que ce soit en zone
de montagne ou en bordure de fleuve. Au sommet, il y a les cultures de céréales.
Chaque plaque porte une variété différente en fonction
des besoins en lumière. Les plaques inférieures sont éclairée
par de la lumière naturelle acheminée par fibres optiques. Sous
les céréales, il y a les légumes. Puis en dessous encore,
les plaques animales. Élevages de poules, de moutons, de cochons, et
de vaches. Enfin encore plus bas, il y a les plaques fongiques. Champignons
et lichens comestibles divers. Tout en bas enfin il y a les plaques de récupération
et de traitement des déchets.
- C’est fascinant. Chaque plaque est poreuse en fait, et l’arrosage
se répand comme une pluie a partir de la plaque supérieure, n’est-ce
pas ?
- Presque... Un système informatisé dose la pluviométrie
artificielle. Les plantes reçoivent l’eau dont elles ont besoin,
et pas une goutte de plus. Plus de sécheresse, plus d’inondation.
Les animaux sont nourris avec les déchets végétaux lors
des récoltes. Nous pratiquons une culture sur un substrat artificiel
très nutritif. Nous pouvons avoir jusqu’à trois récoltes
de blé et de riz par an. Bien évidemment, nous ne couvrons pas
tous les besoins animaux, mais 80 %, ce qui n’est pas si mal. Leurs déjections
sont traitées et réutilisées comme engrais naturels.
- Je vois mal ce que les écologistes ont à redire à cela...
- Les milieux modérés, non. Nous avons conçu cet endroit
avec leurs conseils. Mais malheureusement, dans chaque groupe, il y a des radicaux.
Et ce sont eux qui nous posent tous ces ennuis. Nous avons reçu de nombreuses
menaces et maintenant que notre système est pratiquement au point, nous
craignons que leurs actions ne se fassent plus violentes.
- Des menaces précises ?
- Nous sommes la cible de groupes radicaux divers plus ou moins reconnus. Mais
la plus grande menace nous vient des Green Warriors.
- Je dois avouer que je ne connais pas ce groupe...
- Je ne vous en veux pas. Les GW sont à l’origine des commandos
médiatiques de Greenpeace. On les voyait brandir des banderoles face
à des baleiniers ou des trains transportant des déchets nucléaires.
- Oui je les situe mieux là...
- La plupart d’entre eux s’arrêtent à ce type d’action.
Ce sont eux qui ont posé les pancartes que vous avez vues. Mais nous
avons eu des informations de la part de Greenpeace assez inquiétantes.
- Comment cela ?
- L’organisation ne le crie pas sur les toits, mais elle est menacée
d’implosion et de scission. Certains membres bien placés dans l’organigramme
estiment que manifester ne suffit plus, et que seule l’action fera avancer
leur cause.
- Logique...
- Malheureusement, les membres en question font également partie pour
certains de groupuscules anarchistes ou d’extrême gauche qui prônent
la lutte armée. Et c’est là que nos ennuis commencent.
- Vous avez donc deja reçu des lettres menaçantes...
- Oui. Nous ne l’avons pas divulgué bien sûr. Mais le ton
de ces lettres nous font craindre le pire. C’est la raison pour laquelle
nous voulons changer de système de protection. Sécurex n’est
pas armé selon nous pour y faire face. Et vous êtes bien placés
pour leur succ...”
Gisèle ne put finir sa phrase. Durant la conversation, elle avait tourné
le dos aux tours agricoles, se positionnant entre Thomas et des dernières.
Thomas, attentif, ne sentit rien venir. L’aurait-il pu d’ailleurs
que cela n’aurait rien changé. Tout ce qu’il sentit, ce fut
un violent coup sur sa poitrine quand le corps de Gisèle, poussé
par la forte onde de choc, vint s’écraser contre lui. Sous le double
coup du choc et de l’onde, Thomas heurta le mur derrière lui. Il
sombra alors dans l’inconscience.