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Une fois retourné à l’extérieur, Thomas fit le geste de couper la Borne Blanche fixée à son poignet qui avait bloqué les liaisons radios. Mais au dernier moment, il suspendit son geste et laissa l’appareil en marche.
Thomas se disait qu’en raison du coup fourré que Pastitru avait voulu lui jouer, il était plus sage de laisser les services secrets patauger encore un petit moment, le temps qu’il prenne du champ.
Non pour qu’ils ne sachent pas sa présence ici, bien entendu. Thomas savait qu’ils l’avaient localisé dès son arrivée dans le quartier. Mais l’absence de moyen de communication rapide était pour Thomas la meilleure porte de sortie, bien qu’il douta au fond qu’ils tentent de l’intercepter. On ne convoque pas un mercenaire pour lui faire une offre de travail, et ensuite le coffrer ou pire, le tuer...


Thomas ne croyait pas une seule seconde à cela. Toutefois, le doute qui l’habitait le poussait à leur compliquer encore un peu la vie. N’avait-il pas failli tomber dans un tel piège à Montpellier ?
Encore cette foutue paranoïa !


Thomas se fit violence et chassa cette sombre pensée de son esprit. Pour s’y aider, il se concentra sur son futur travail. Il devait préparer tant de choses... Une couverture physique, du matériel portable et discret. Pas d’armes. En cas de besoin, Thomas se fournirait sur place. Pas d’explosifs non plus. Les détecteurs d’aéroports étaient tellement sensibles depuis que les fous d’Allah avaient fait exploser la moitié de l’aéroport de Los Angeles quatre ans auparavant... Et puis, Thomas n’aimait pas les explosifs.
Il estimait en effet que ces matériaux n’étaient pas d’un usage fiable. La partie mécanique pouvait avoir un problème et l’engin demeurer inerte. Ou bien un faux mouvement lors de l’assemblage pouvait expédier ad patres son concepteur.
Mais l’inconvénient majeur des bombes pour Thomas, était qu’il y avait toujours un risque pour ces mines de tuer les personnes de l’entourage de la victime choisie.
Et malgré sa capacité à tuer facilement, c’était une idée insupportable pour Thomas. Il avait dans sa vie fait cette triste expérience. Non, pas lui. Adam. Adam en avait été victime. Lui et les trois cent deux autres victimes de l’engin incendiaire qui avait réduit en cendres la discothèque dans laquelle ils étaient tous venus pour se détendre, se distraire, se sentir vivre.
Et mourir.


La mort d’Adam avait été la dernière goutte qui avait fait de Thomas ce qu’il était maintenant. Tout ce qu’il avait gardé de son ancienne personnalité (ancienne, vraiment ?), c’était un certain sens de moralité.
Et cet erszat de morale lui enjoignait de ne pas tuer plus qu’il n’était vraiment nécessaire.
Donc, pas de bombe. De toute façon, pour une mission de recherche comme celle-là, il était tout à fait inutile de déclencher un grand feu d’artifice...
Thomas, qui avait repris le fil de ses pensées, dressa mentalement la liste de tout ce dont il avait besoin. Il aurait à confectionner un bon masque et vu la durée probable de la mission, il devrait emmener son Masqueur, les masques produits étant de bonne qualité mais à usage unique. Et trouver un bon moyen de le dissimuler aux différentes douanes...


Prévoir aussi quelques disques de virus et de vers. Des modèles basiques suffiront estima Thomas. Et puis vu la qualité des relations avec Claire, de toute façon, il allait devoir faire avec ce qu’il avait sous la main...
Ah oui, et ne pas oublier d’organiser l’absence... Thomas allait devoir trouver une excuse valable aux yeux de ses employés pour que ceux-ci ne s’étonnent pas de le voir s’absenter pour...trois bonnes semaines estima Thomas.
Trois semaines...Thomas nota aussi qu’il allait devoir contacter son fournisseur, afin de retarder la livraison de la marchandise... Il venait tous les trois mois, avec la production fraîchement sortie des éprouvettes du laboratoire. Et le premier décembre, Thomas serait à Varsovie. Donc l’appeller et repousser le rendez-vous d’un mois. Cela ne poserait aucun soucis à Thomas, ni à son fournisseur, qui connaissait un peu les habitudes de son client si particulier.
A ce stade de la réflexion, Thomas s’avisa qu’il venait de franchir le périmètre du lotissement. Il coupa alors la Borne Blanche, et il disparut dans la nuit, retournant chez lui, mais prenant bien soin de semer avant les trois agents qui l’avaient suivi depuis sa sortie de la maison de Pastitru.
Chacun chez soi, et les veaux seront bien gardés...