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Wilma commençait à s’impatienter. Ce francjick commençait même à lui porter sur les nerfs. Pourtant, elle ne laissait rien paraître de tout cela sur son visage.
En premier lieu, il avait passé près de trois heures à fouiner les registres de l’association. Elle se demandait bien pourquoi, vu qu’il ne prenait que peu de notes. A cela, Thierry avait répondu qu’il ne faisait que survoler les documents, avant une étude plus approfondie, et que sa mémoire lui suffisait. Quand enfin il lâcha les papiers, elle cru avoir la partie gagnée quand elle l’emmena au restaurant de l’hôtel Warszawa, un établissement luxueux du centre, reconstruit à l’identique après la destruction du quartier par les bombes nazies.
Et pourtant, à peine installée, elle sut que la partie ne serait pas gagnée d’avance quand ce dernier ne commanda que de l’eau pour tout apéritif.


“ Pour tout vous dire, mademoiselle, je ne bois que très peu d’alcool. Seulement du cidre, et encore, pas tous les ans.
- Ah oui ?
- C’est de famille, vous savez. Mes parents m’ont élevé avec certaines valeurs et aussi, les exemples de mes oncles ne sont pas vraiment incitatifs.
- Ah oui ? Que se passe t-il avec eux ?
- Ils sont plus jeune que mon père et pourtant à les voir, ils sont déjà rongé par l’alcool. Ils sont alcooliques, tous les deux. Ils ont commencé assez tôt et leur foies sont dans un état pitoyable. Et cela se voyait même quand j’étais un gamin. Aussi je me suis promis de ne pas boire d’alcool. Pas de bière, ni de vin, de champagne. Rien de tout cela.”


Alors pour saouler Thierry...


Le restant du repas se passa un peu mieux et Wilma se détendit. L’ascèse de ce dernier se limitait apparemment aux toxiques légaux. Les plats de viande que ce dernier ingurgita rendirent un peu d’espoir à la jeune femme.
Le dessert passé (une énorme assiette de profiteroles), Thierry suggéra même à Wilma de monter dans sa chambre afin de revoir certains points ambigus.


“ Ne serait-ce pas une excuse pour me voir à votre merci, insinua la jeune femme ?
- Si vous voulez voir les choses sous cet angle... Alors disons que oui, vous serez à ma merci. Si vous me promettez d’attendre d’être sur mon lit.
- Ah oui ?
- C’est...une de mes préférences.”


Le sourire aux lèvres, Wilma se leva et accompagnée de Thomas, elle gagna avec ce dernier le troisième étage. Dans l’ascenseur, comme ils étaient seuls, elle se risqua un peu...


“ Alors, vous aimez bien les femmes soumises ?
- La soumission ? J’apprécie, oui...”


Wilma en était émoustillée. Le regard de Thierry était empli de promesse.
La porte de la chambre refermée, Wilma passa sa main dans le dos et dégrafa la robe fuseau qui tomba au sol, révélant le corps totalement nu de la jeune femme.


“ Et maintenant ?”


Thierry fit le geste de se toucher le poignet droit.


“ Asseyez-vous sur le lit. Vous serez bien mieux...
- Comme vous voudrez...”


Le torse saillant, Wilma s’assit sur le lit. Thomas s’approcha de la jeune femme, un grand sourire aux lèvres. Wilma, tout en confiance, se laissa faire. Elle le laissa passer le dos de sa main sur son cou. Elle le laissa placer sa paume sur la bouche et le nez.
Thomas à ce moment, retint sa respiration.
Puis d’un discret jeu de muscle, il déclencha le diffuseur ceinturé autour de son poignet.
Le gaz fusa directement de la tubulaire nichée au creux de sa paume aux poumons de la polonaise qui s’effondra sans un mot sur le lit.


“ Bonne nuit Wilma, et à demain. Peut-être.”


Une fois Wilma mise hors-jeu, Thomas commença a se préparer pour son exploration nocturne.
Retirant sa tenue de ville, Thomas enfila un collant noir, puis il se rhabilla. Il prit ses gants noirs, une cagoule. Thomas lia autour de sa cheville gauche un étui contenant un poignard. Paré pour sa soirée, Thomas gagna la sortie, après avoir recouvert le corps nu de Wilma d’une couverture.
Quelle idiote, pensa t-il... Enfin, ce n’est pas de sa faute au fond. Elle ne pouvait pas savoir que tout son étalage de charmes n’aurait aucun effet sur moi. Il m’a juste suffit de feindre l’intéressement. C’est dingue quand même, notre capacité à tromper l’autre quand notre intérêt est en jeu...


Tout en sortant de sa chambre, Thomas se dirigea non vers le hall de l‘hôtel, mais vers l’escalier de service. L’hôtel n’assurait le ménage des chambres que le matin, et le room-service avait fermé ses portes depuis une demi-heure. Trop tard pour croiser un serveur, trop tôt pour voir un gardien de nuit faire sa ronde.
Sorti de l’hôtel, Thomas se dirigea vers le nord, en direction du port fluvial de la ville. Durant les trois heures passées au siège de l’association, il avait cherché essentiellement des renseignements d’ordre logistique. L’association faisait acheminer du matériel vers l’Occident. Thomas pensa que ce réseau pouvait aussi servir à faire passer des clandestins. Et un des points d’embarquement se trouvait au port fluvial. Thomas, en le découvrant, prit le parti d’aller y jeter un œil. La chose serait aisée car comme le fleuve était gelé, aucun convoi ne pourrait y passer. Donc l’endroit serait relativement peu gardé. Thomas espérait y trouver des traces comme quoi autre chose que du matériel y était parfois stocké.


Le port fluvial est à quatre kilomètres. Il est minuit et demi. Disons...une heure pour l’aller et le retour. Le soleil se lèvera à... sept heures dix. Et la dose que j’ai filé à la fille durera six heures ou un peu plus. Plus le temps qu’il faut pour la petite mise en scène, cela laissera un peu plus de quatre heures pour tout fouiller.
Ayant étudié le plan de la ville, Thomas se dirigea dans les rues désertes en direction du nord. Il s’engagea dans une rue dont l’éclairage public était en panne et il disparut aux yeux de poursuivants éventuels.