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“ VOUS N’AVEZ AUCUNE EXCUSE ! “
Le poing droit rageur accompagna la fin de la phrase et le bruit mat qu’il
fit en frappant le bureau résonna longuement aux oreilles des trois accusés.
“ Deux fusées ! Deux échecs ! Deux pas de tir détruits
! Plus de quinze milliards de dégâts ! Et tout ce que vous pouvez
me dire, c’est que ce salopard était à plus de quarante
miles de sa cible ???”
Excédé, le président Wilson se leva et il fit le tour de
son bureau. Debouts, figés, ni le vice-président Miller, ni le
chef de la NSA Clarck, ni enfin le secrétaire d’Etat au commerce
Blair, ne bougèrent un doigt. Le quatrième homme qui aurait dû
se trouver avec eux, Kimmys, directeur de la NASA, avait été démis
de ses fonctions deux heures après que les pompiers de Cap Canaveral
aient fini par maîtriser l’incendie qui avait ravagé le pas
de tir numéro 3. Et nul n’était pressé de prendre
sa place.
“ Il était à plus de quarante miles... Il utilise des drones
pour détruire nos fusées. Il n’a aucun mal car les lancements
sont publics et il sait donc quand tirer pour faire mouche... Pourquoi donc
ais-je nommé un abruti comme Kimmis qui n’a même pas pris
la peine de modifier le planning des tirs ??? Et vous, Clarck, pourquoi vos
services n’ont-ils même pas proposé de changer l’heure
du lancement ? Ou au moins de garder l’heure secrète ???
- Eh bien...
- OUI ?
- Nos services avaient inspiré de telles mesures mais l’ancien
directeur les a rejetées... Il disait que...
- Ben voyons... Kimmis est déjà tombé, chargeons-le encore...
- Monsieur le Président, je vous jure que...
- NE JUREZ PAS ! Votre parole a autant de valeur que celle d’un crocodile
! J’espère pour vous que vous avez d’autres renseignements
à me donner sur les commanditaires de tels actes, que je sache sur qui
envoyer mon armée...
- Eh bien...
- Pas la peine de gaspiller votre salive, Clarck ! C’était une
question de pure forme... Je sais parfaitement que nous sommes victimes de représailles
de la part des européens. J’ai du mal à l’admettre
mais il faut dire que pour une fois, ils ne se sont pas dégonflés...
- En effet, monsieur le...
- Je vous ai sonné, Miller ?
- Hum non...
- La seule question est de savoir comment ils s’y sont pris... Vous avez
des infos à ce sujet, j’espère, Clarck...
- Oui monsieur le Président...
- Allez-y alors...
- Nous savons qu’il y a sur notre sol trente-deux agents européens
susceptibles d’être mêlés à des actions de cet
ordre... Nous les avons sous surveillance constante depuis leur arrivée
sur notre sol mais à ce jour, il a été prouvé qu’aucun
d’entre eux n’était suspect, ou même simple relais
dans cette affaire...
- Et ???
- Donc, nous pensions que soit l’Union a été capable d’inflitrer
un trente-troisième agent (ou même plus), soit qu’elle à
fait appel à des agents extérieurs...
- Les deux sont plausibles, oui... Qu’en dit notre relais de Londres ?
- Le commissaire anglais nous a confirmé que la Commission européenne
avait recruté un mercenaire. Il a assisté à l’embauche
mais malheureusement, il a été incapable de nous donner un signalement
de cette personne...
- Attendez un peu... Ils ont engagé UNE personne ?
- Une seule oui. Si l’on réfléchit, c’est la meilleure
démarche possible... Une personne isolée n’attire pas l’attention.
Une fois sur place, elle peut recruter à l’intérieur de
nos frontières et là, à moins d’une chance inouï,
nos services sont totalement inefficaces...
- Elle peut aussi s’y procurer du matériel... Ce ne sont pas les
trafiquants qui manquent ici... Avons nous un moyen de savoir de qui il s’agit
?
- Ce sera difficile, monsieur... Nous avons eu accès au site Internet
du mercenaire mais malheureusement, le serveur est inaccessible... Il est protégé
par un Miroir, un programme qui donne une adresse IP totalement bidon. Nous
avons tenté de craquer la protection mais la personne qui l’a conçue
s’est donné du mal, et nous n’avons pas réussi jusqu’à
présent.
- Ce mercenaire, quand a t-il été engagé ?
- D’après Londres, le quatre juin dernier...
- On peut donc penser qu’il a pu entrer sur notre territoire disons...
Entre un et trois jours après... Le temps pour lui de prendre des contacts...
Oui c’est un délai plausible...
- Mais pas certain. De toute façon, il entre chaque jour environ dix-neuf
mille personnes différentes aux États-Unis monsieur.
- Mais parmi elles, combien sont encore sur place ? Et plus précisément
en Floride, puisque c’est là que semble être sa base ?
- Il faudrait que je revoie les chiffres mais il doit y avoir plus de cinq mille
personnes qui correspondent... Entre les touristes, les industriels, les vrp
et autres... Oui je dirai que c’est une bonne approximation...
- Combien de temps pour tout vérifier ?
- Trois bonnes semaines au moins avec mes effectifs actuels, et si nous laissons
tomber tout le reste, ce qui n’est guère envisageable...
- Vous me dites donc que n’importe quel pékin peut circuler en
toute impunité sur notre territoire pendant près d’un mois
encore et que durant ce temps, il peut continuer à détruire nos
lanceurs comme si de rien n’était ???
- Pas exactement, monsieur le Président... Nous savons qu’il est
en Floride. Cet État est assez petit, et donc plus facilement contrôlable.
Si on excepte les marécages, bien entendu... Et puis nous avons d’ors
et déjà caché le moment exact du prochain lancement d’une
Goliath. La fenêtre de tir pour détruire une fusée est très
étroite. Pour savoir quand tirer, il devra s’ approcher plus encore
qu’il ne l’a fait avant. Il en sera plus vulnérable encore.
- Je l’espère pour vous... Je l’espère grandement..."