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Huit gardes costumés de noir avaient accompagné
à son arrivée l’étrange sixte qui avait pénétré
la Maison Blanche en toute discrétion quelques minutes auparavant. Thomas,
menotté, les bras entravés et la tête ciblée par
quatre hommes résolus à le tuer s’il s’avisait de
marcher un seul pas de travers, entra le premier au cœur du pouvoir politique
américain.
Seul dans son bureau, admirant le paysage abrité par une impressionnante
baie vitrée blindée, le président Wilson accueillit l’étrange
groupe. Un geste discret de la main plus tard, et Thomas et lui demeurèrent
seuls dans la pièce la plus sécurisée de la planète.
Seul Clarck avait obtenu de pouvoir rester avec le duo. Les autres hommes s’étaient
eux retirés dans les deux antichambres annexes. Et ils n’en sortiraient
que sur ordre présidentiel direct.
Wilson quitta la baie et retourna s’asseoir. Thomas resta debout, Clarck
se tenant derrière lui dans la même position.
“ C’est donc bien vous... C’est étrange... Je vous
voyais un peu plus grand...
- ...
- Vous pouvez parler vous savez... Rien de ce qui se dira ici ne sortira jamais.”
Accompagnant sa parole, Wilson sortit de son bureau un cylindre blanc. Thomas
reconnut immédiatement le dispositif, malgré sa forme peu conventionnelle.
“ Vous avez amélioré la Borne Blanche ?
- Exactement. Maintenant, la portée de ce petit bijou est pour ainsi
dire triplée si le besoin s’en fait sentir. Mais comme je ne tiens
pas à empêcher mes secrétaires de travailler normalement,
je ne l’utiliserai pas à puissance maximale.
- Impressionnant...
- Comme votre maîtrise de notre langue... Et de votre opération
menée de main de maître...
- Merci...
- Trêve de politesses... Vous n’ignorez pas, je pense, dans quelle
situation vous vous trouvez... Vous avez quelque chose à nous proposer
en échange de votre vie. Et si votre monnaie d’échange ne
nous conviens pas, vous savez je pense que vous ne sortirez pas d’ici
vivant...
- Je le sais. Mais je sais également que votre ton n’est qu’une
façade. Vous êtes en train de perdre votre armada de satellites
espions et commerciaux et vous ne pouvez rien faire pour arrêter cela.
Je suis la seule personne capable d’arrêter le massacre. Et si vous
me tuez, votre pays sera pour ainsi dire sans défense face aux systèmes
d’armement chinois et nord-coréens. En clair, c’est ma vie
contre votre côte ouest, et peut-être même plus encore...
- Et si je vous disais que nous avons arrêté vos complices sur
le sol américain ?
- Dans ce cas monsieur le président, je serais soit déjà
mort, soit en train d’être exhibé pour assurer votre réélection.
Vous n’avez personne d’autre que moi entre vos mains. J’en
suis absolument certain. Désirez-vous continuez votre bluff inutile ou
bien pouvons-nous passer aux choses sérieuses ?
- Vous en manquez pas de morgue, ni d’arrogance... Il est clair que nos
renseignements sont exact et que vous êtes bel et bien français...
- Nier ce fait serait inutile et futile...
- Serez-vous alors assez aimable pour nous donner le nom de votre client ?
- Je suis un mercenaire. Mais malgré ma profession j’ai une certaine
éthique et le secret professionnel en est une des caractéristiques
principales. Je ne vous dirai rien à ce sujet.
- Cela ne fait rien, nous savons que vous avez été envoyé
par l’Union Européenne elle-même.
- Mon employeur sait que vous avez envoyé un ou plusieurs hommes afin
de vous livrer à des opérations de sabotage sur les lanceurs européens.
Il a même assez d’éléments de preuve afin de déclencher
une procédure légale à votre encontre de la part de l’OMC
et de l’ONU.
- Vous croyez vraiment que ces bureaucrates peuvent avoir le moindre espoir
de faire le quart de ce que vous me dites ???
- Vous avez pouvoir de veto. Mais en user dans ce cas précis serait un
aveu de culpabilité aux yeux du monde entier. Pour le moment, vous pouvez
vous le permettre. Mais que savez-vous de l’avenir ?
- Comment cela ?
- Imaginez un peu... Comment voyez-vous le monde dans vingt, trente, quarante
ans ? Toujours sous votre contrôle direct ou indirect ? C’est possible.
C’est probable même... Mais s’il y a bien une chose que les
politologues du monde entier ont apprise, c’est que l’avenir est
indéfini. Il est... pardon, il sera ce que nous faisons aujourd’hui.
Ce que nous avons fait hier. Aujourd’hui, vous contrôlez le monde.
Mais pour ce faire, vous vous êtes faits de nombreux ennemis. Des ennemis
mortels qui n’hésiteront pas à noyer vos villes sous tout
ce qui leur tombera sous la main. Du chimique. Du bactériologique. Du
nucléaire même... Et votre seule protection contre un grand nombre
d’entre eux est en train de se déliter. Et opposer votre veto ne
fera que vous fragiliser. Soit vous perdrez des alliés, soit vous n’en
gagnerez plus à l’avenir car personne au monde ne pourra vous faire
confiance aveuglément, et ce malgré votre toute puissance économique
actuelle. Ce que je vous propose, c’est un marché. L’arrêt
total de la destruction de votre réseau satellitaire.
- En échange de ?
- De deux choses seulement. La première, mon départ sain et sauf
de votre pays. Vous enlevez mes menottes, je pars de moi-même par le moyen
de mon choix et tout sera fini. Une fois en sécurité, je donnerai
l’ordre de tout arrêter. Je ne vous propose pas de vous montrer
comment j’ai fait pour détruire vos satellites. Vous êtes
assez intelligent pour le comprendre par vous-même. Le tout prendra moins
d’une journée.
- Et de ?
- Un peu avant que j’accepte ma mission, la demande de mon employeur a
évolué. Si j’en crois celui-ci, un de vos agents a tué
deux militaires dans sa fuite. J’ai pour mission de ramener l’homme
qui est à la base de toute cette affaire et de le lui remettre. Pour
le juger.
- Sérieusement ??? L’Europe veut juger un de mes hommes ??? Vous
y croyez vraiment ???
- D’après ce que j’ai compris, mon employeur montera un dossier
bidon afin d’avoir un procès légal qui se finira sur la
seule peine possible envisageable. La prison à vie.
- Vous ne doutez de rien...
- C’est une question d’équilibre. La vie de deux hommes,
dont un étranger, contre près de vingt millions de vos compatriotes
et électeurs potentiels... Vu la situation, vous êtes seul à
pouvoir choisir.
- Vous semblez sûr de vous...
- Je ne suis sûr que d’une chose. Je ne mourrai pas de vieillesse.
Je le sais et je m’y suis fait.
- Je crois que je vais vous faire tuer finalement... Je ne vois pas en quoi
nous serions perdant dans ce cas... Et je ne vois pas d’où vous
sortez ces vingt millions de vies qui seraient dans la balance...
- Il vous faudra des années pour reconstituer un système de protection
suffisamment sûr pour que vous soyez à nouveau à l’abri...
Sans compter que même après ma mort, vos satellites seront toujours
la cible de mes bou... De mes munitions. Votre réseau de défense
sera troué. Et tous les militaires du monde le sauront. Combien de temps
pensez-vous que la Corée du Nord attendra avant d’envoyer ses missiles
sur Los Angeles ? Le “grand maître de la sagesse infinie”
actuel n’est pas franchement un modèle d’équilibre
mental...
- ...
- Vous serez sans doute capable d’abattre la plupart des lanceurs envoyés
contre votre territoire, mais si un seul touche votre sol... Vous n’aurez
d’autre solution que de répliquer et d’atomiser Pyongyang.
Et cela, Pékin ne l’acceptera jamais, même si vous leur lâchez
Taiwan pour les amadouer...
- ...
- La Chine entre alors en jeu, et c’est l’ Alaska et son pétrole
qui part en fumée radioactive... Vous atomisez Shanghai, Hong Kong, Canton,
les grands groupes d’armées mais pour ce résultat, vous
perdez la Californie, les Rocheuses et pourquoi pas une partie de votre Middle
West agricole. Et je ne vous parle pas des retombées aléatoires
des pluies irradiantes. Pensez-vous que ma vie et la personne que je recherche
en vaillent la peine ?
- Je pourrai vous répondre que vous exagérez...
- L’ avantage premier de l’existence de l’arme atomique, c’est
qu’aucun conflit majeur n’a touché les grandes civilisations
continentales depuis plus de cinquante ans. L’inconvénient est
que si l’ Equilibre de la Terreur actuellement en vigueur venait à
être durablement rompu, alors la fin du monde devient inévitable.
C’est malheureusement la réalité des choses, et vous êtes
la seule personne à choisir l’issue de notre conflit. Quel est
votre choix ? La perte de deux hommes, ou bien la perte de votre protection
et la perspective peu réjouissante dont je vous ai parlé ?”
Wilson ne répondit rien sur le coup. Il fixa Thomas et il commença
à rire à gorge déployée. Thomas, décontenancé,
tenta de ne rien montrer de sa surprise. Reprenant difficilement son souffle,
Wilson répondit à la faconde de Thomas.
“ Eheheh... Vous ne manquez pas d’air... Votre analyse est un brin
catastrophiste mais la logique y est. Il n’y a qu’une seule faille...
- Laquelle ?
- Vous ne pensez pas un seul mot de ce que vous venez de me dire... Vous êtes
un mercenaire. Doué, culotté, mais un mercenaire tout de même.
Votre envie première est de vous en sortir vivant et de toucher votre
argent. Je me demande d’ailleurs combien vous allez toucher pour ce travail...
- Je ne crois pas que cette information vous intéresse vraiment. Mais
celle-là oui. Vous avez raison sur ce point. Je suis un mercenaire. Cela
veut donc dire aussi que je me fout totalement de ce qui peut bien arriver aux
autres. Je vous l’ai dit, je sais que je mourrai jeune. Peut-être
même aujourd’hui. Mais vous pouvez me croire, ce qui arrivera à
la planète après m’indiffère totalement.
- Ah oui ?
- Je n’ai personne à protéger. A moins que l’on ne
me paye pour cela. Pourquoi aurais-je le besoin de protéger de parfaits
inconnus ? Je ne vis que pour moi. Si je meurs, personne ne me pleurera. Et
en contrepartie, je ne pleurerai personne qui mourra parce que vous aurez choisi
de me tuer et qu’un jour prochain, demain ou dans cinquante ans, un missile
chinois ou iranien tuera trois millions d’américains. Si vous croyez
me faire hésiter en faisant jouer la corde sensible, alors détrompez-vous
! J’ai tué plus de soixante personne. Le Seuil de Karlov est loin
derrière moi... Quelques millions de morts en plus ne fera pas la différence.
Soyez-en assuré... Maintenant, si vous pouviez me faire enlever ces entraves,
nous gagnerions tous du temps...
- Pourquoi le ferais-je ?
- Parce que votre décision est déjà prise et que j’ai
gagné.
- Ah oui ?
- Je le vois bien. Vous ne voulez courir aucun risque pour les prochaines échéances...
Deux hommes contre vingt millions d’autres... Pour couronner le tout,
personne n’en saura jamais rien car moi je me tairai et l’homme
que je recherche ne sera plus jamais en mesure de parler à quiconque...
Vous êtes effectivement plus intelligent que l’image que vous donnez
de vous. Je peux donc dire que j’ai gagné car vous n’avez
aucun autre choix possible...
- Soit...”
Wilson pressa un bouton discret situé sous son bureau. Quatre gardes
armés firent alors leur irruption, prêts à exécuter
l’ordre présidentiel que Wilson donna en soupirant.
“ Messieurs, assurez-vous de la personne de Clarck... Désarmez-le,
entravez-le et conduisez-le à l’aéroport... Profitez-en
aussi pour détacher le prisonnier...”
Le chef de la NSA protesta et tenta de s’opposer physiquement et verbalement
à une arrestation qu’il ne comprenait visiblement pas...
“Monsieur le mercenaire. L’homme qui a eu l’idée de
monter l’opération qui a durement touché l’ESA est
maintenant en votre pouvoir. Ou voulez-vous l‘envoyer ?
- N’importe quelle ville européenne fera l’affaire. Mon employeur
est apte à en prendre livraison partout.”
Fulminant, implorant, suppliant, menaçant, Clarck fut sorti de la pièce
et ses cris se perdirent dans l’isolation phonique des parois alors que
Thomas était libéré de ses chaînes. Une fois la dernière
serrure ouverte, Wilson congédia les gardes restants et invita Thomas
à rester quelque peu.
“ Je vous fait confiance... Le chef de la NSA a en effet de très
fortes probabilités d’être à la tête d’une
telle opération... Même s’il n’a pu agir sans votre
accord...
- Vous voulez me tuer ?
- Cela ne fait pas partie de mon contrat... Inutile donc de vous inquiéter
pour cela... Pourquoi voulez-vous me parler encore ?
- Je voulais juste conclure cette sordide affaire en privé. Pour commencer,
je me dois de vous annoncer que vous ne m’avez absolument pas convaincu.
Votre plaidoirie est restée sans effet sur moi...
- Comment ça ?
- Je ne vous crois pas. Pour moi, nous sommes tout à fait capable de
contrer votre offensive en un temps très court. Et de reprendre le contrôle
des stations radar étrangères qui ont servi à votre complice
pour piloter à distance et en cachette les satellites inutilisés
en orbite afin de les jeter sur nos engins.
- ...
- Comme vous le voyez, nous sommes plus intelligent que vous ne le pensez. C’était
une belle idée quand même... Mais dans trois jours, nous auront
repris le contrôle de tous vos jouets et je peux vous assurer qu’après
cela, aucune autre tentative de ce genre ne pourra plus aboutir. Laissez-moi
deviner... Vous avez aussi aveuglé les ordinateurs de la NASA en leur
fournissant de fausses données sur les orbites utilisées via les
stations radar, hein ? C’est comme cela que vous avez détourné
des satellites usagés sans que personne ne le sache... et vous les avez
utilisés comme des boules de billard... Vous devez quand même avoir
de sacrées pertes, on ne vise pas un satellite en mouvement comme cela
mais je dois le reconnaître, vous m’avez épaté...
- ...
- Vous ne savez plus quoi répondre ? C’est normal... Il suffit
de réfléchir un peu pour percer votre tactique. Il faut dire que
les alternatives n’étaient pas très nombreuses... Mais ne
soyez pas honteux... Je n’ai compris votre plan que quand vous avez failli
prononcer les mots “boules de billard”. Quelques mots malheureux
qui ont bien failli causer votre mort. Vous êtes doué, mais moi,
j’ai d’avantage d’ expérience...
- ...
- Oh vous vous demandez pourquoi j’ai agi ainsi ? Oh eh bien pour tout
dire, Clarck commençait à s’intéresser un peu trop
à mon poste. J’ai de belles années encore devant moi, et
j’ai bien l’intention de les passer à faire modifier ce foutu
22e amendement afin de rempiler une troisième, voire une quatrième
fois... Mais bon ce n’est pas la raison principale...
- Et c’est quoi ?
- C’est ceci.”
Wilson tira de son tiroir l’enveloppe jaunie qu’il avait consulté
les jours d’avant et peu de temps avant l’arrivée de Thomas
dans le Bureau Ovale. Il sortit également la petite boite recouverte
de velours bleu nuit.
“ Ceci est pour vous. Allez-y ouvrez le, ce n’est pas piégé.”
Thomas prit la boite et il s’exécuta. A l’intérieur,
calé dans son écrin, il y avait une chevalière en argent.
En argent pur, à en juger l’éclat terni par les années.
Thomas eut un mouvement de surprise en découvrant la décoration
qui ornait la bague.
Un trident.
C’est en levant les yeux qu’il remarqua que Wilson avait recommencé
à parler. Thomas tenta de se concentrer sur le discours mais ses yeux
se fixèrent à nouveau sur l’emblème qu’il connaissait
si bien...
“... sans cela, vous seriez mort...
- Quoi ?
- Vous n’ avez pas idée de ce que l‘on subi à ce poste.
La présidence... Tout le monde en rêve mais la réalité
est d’une autre nature. En vérité, peu de personnes peuvent
avoir les reins suffisamment solides pour supporter tout cela. Et vous savez
pourquoi ?
- La nature même du pouvoir ? Le fait de batailler ferme pour y parvenir
et le garder ?
- Vous manquez encore d’expérience, c’est clair... Cela n’est
rien comparé au reste. Non, je vous parle du poids de la présidence.
De tout ce que mes prédécesseurs ont fait, ou n’ont pas
fait, et qui guident en partie mes actes. C’est pour cela que je veux
rester président le plus longtemps possible. Pour y imprimer ma marque.
Devenir enfin un vrai dirigeant, et pas un gérant qui solde les comptes
passés comme celui qui va vous permettre de repartir en vie. Vous connaissez
cet homme je suppose ?”
Wilson tendit à Thomas une vieille photo représentant un paralytique.
“ C’est Roosevelt. Le président Roosevelt.
- Exact. Et l’homme qui est à coté de lui sur cette autre
photo ?”
La vue de la seconde photo fut une véritable surprise pour Thomas. Il
y avait, en costume noir, un homme qui... était son portrait craché
! Il se tenait debout, à coté de l’illustre paralysé.
Il regardait droit dans l’objectif. Il n’y avait aucun doute à
avoir. C’était...
“ Je... il me ressemble énormément... On ne dirait pas que
c’est un truquage... Mais quand même...
- Le cliché a été pris en 1929. Les photos qui suivent,
et qui sont du même tonneau, ainsi que la chevalière, datent de
cette époque. Ils sont en possession de la présidence depuis tout
ce temps et ils ont été montré à chaque président
au moins une fois depuis ce moment là...
- Pourquoi ? Et quel rapport avec moi ???
- Quelques semaines avant cette photo, Roosevelt a été victime
d’une tentative d’assassinat. Et l’homme qui se tient à
coté de lui, et dont vous êtes le portrait craché, lui a
sauvé la vie.
- Et alors ?
- Alors depuis, la présidence a envers lui une dette. Roosevelt lui a
offert une récompense mais l’homme (dont nous ignorons le nom)
la refusa pour lui-même. Il dit juste qu’ il viendrait un moment
précis où nous (c’est à dire la présidence)
devrions payer cette dette. Il ne dit ni à qui ni quand bien entendu.
Il est reparti pour l’Europe et personne n’a plus eu de nouvelle
de lui. La seule précision qu’il apporta, c’est que nous
saurions de façon certaine à qui payer cette dette. Je ne vous
raconte pas tout ce que cela a provoqué comme frénésie
à certains moments de notre histoire... Mais ce jour est arrivé,
de façon certaine. Nous réglons notre dette envers cet homme qui
vous ressemble tant en accédant à vos désirs. Vous êtes
libres et Clarck est à vous. La bague est également à vous,
ainsi que les photos. Il a été clair à ce sujet...
- C’est peut-être... Quelle ressemblance quand même... Il
faudra que je demande...
- Oui ?
- Je sais que mon grand-père Alain a vécu dix ans en Amérique
à la fin des années vingt... Et si je me souviens bien, nous nous
ressemblions vraiment sur les vieilles photos de familles... Ce serait lui qui...
Mais il n’en a jamais parlé à quiconque ! En tout cas je
n’en ai jamais rien su...
- Vous réglerez cela chez vous... Notre dette est maintenant payée.
Vous avez réussi votre opération de représailles et vous
allez rentrer la tête haute. Bien entendu, si vous remettez le pied sur
notre territoire, même pour des vacances, je vous ferai immédiatement
abattre. Je suis bien clair j’espère...
- Je ne compte pas revenir ici de toute façon. Sauf si on me demande
de revenir vous voir...
- Notre rencontre s’achève sur un résultat nul. Mais je
gagnerai la prochaine, s’il y en a une...
- Je ne doute pas non plus de ma victoire. Je dois partir maintenant. Au plaisir
de ne plus vous revoir.”