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‘ Le voyage de retour s’est bien passé ?
‘ Pas de soucis. Le réseau est sûr ?
‘ C’est moi qui l’ai sécurisé ! Et même si quelqu’un intercepte nos échanges, il ne captera qu’un dialogue préprogrammé parlant du dernier Terminator VII...
‘ Vive le cryptage ! Non le voyage a été sans problème, c’est après que cela a commencé...’


Étirant ses bras endoloris, Thomas fit basculer son fauteuil afin de détendre ses reins anesthésiés par une longue posture assise. Il était revenu depuis trois jours à son bureau et il n’en était parti que huit heures au total. Claire n’avait pas plaisanté en parlant de cadences infernales... Les articulations craquées, Thomas retourna à son clavier et à son chat privé avec Octet.


‘ Et Claire ?
‘ En voyage en Grèce. Elle part demain. En fait dès mon retour au bureau, elle m’a briefé pendant quatre heures non stop et elle s’est tirée en plein milieu de l’après-midi... Je crois que je ne la reverrai pas avant l’année prochaine...
‘ Elle était comme ça quand je l’ai connue... Elle n’a pas changée...
‘ Je peux en savoir plus ?
‘ Désolé... Elle t’en parlera si elle le veut mais ne compte pas sur moi pour te révéler les dessous de ta pirate...
‘ En parlant de piratage, tu en es où ?
‘ Cela ne devrait pas tarder maintenant... Encore dix minutes je dirai...
‘ C’est long...
‘ C’est votre Banque Centrale Européenne qui est trop bien protégée... Mais bon ma “foreuse” est presque au bout... Combien tu as dit déjà ?
‘ Deux milliards. 500 millions pour les comptes que je t’ai indiqué, et le reste éparpillé au hasard. Veille à ce que ce milliard et demie laisse des traces. Ils mettront combien de temps à récupérer cette somme à ton avis ?
‘ Bof une bonne quinzaine je dirai... C’est bizarre quand même ta façon de faire...
‘ Pas vraiment... Ils ne pouvaient justifier un versement de 500 millions sans raison valable mais si un pirate doué détournait 2 milliards mais que par distraction il laissait une trace leur permettant d’en récupérer les trois quart...
‘ Je vois... Tu es payé et eux, ils sauvent la face, au prix d’un mini scandale bancaire... Ils sont au courant que tu allais faire comme cela pour avoir ton argent ?
‘ Non, c’est plus marrant comme cela...
‘ En parlant de cela, et Clarck ?
‘ Pas de nouvelle. Je ne sais pas ce qu’ils en ont fait.
‘ Méfie toi. J’ai entendu dire que Wilson allait le déclarer mort dans un accident d’avion à son retour de vacances.
‘ Ah le petit salopard... Comme cela, il sera impossible de le juger... Décidément j’ai vraiment sous-estimé ce gars là...
‘ Ne t’en fais pas... on lui réserve un tour à notre façon... Avec les amis, on a laissé quelques surprises dans les codes des ordinateurs des radars externes de la NASA.
‘ Wilson ne les a pas fait vérifier ?
‘ C’est en cours, mais tu nous connais... Il aura beau vérifier les programmes ligne par ligne, on aura toujours assez de gars dans la place pour faire passer nos petits ajouts personnels. Ton opération nous a donné de fameuses idées...
‘ Méfiez-vous quand même... J’ai bien failli ne pas m’en sortir vivant... Par contre tu pourrais m’expliquer une chose ?
‘ Quoi ?
‘ Je n’arrête pas de penser à cette chose...
‘ Les photos de ton pépé avec Franklin ?
‘ Oui, cela ne colle pas. J’ai regardé et en fait il est rentré en France en 1928 et plus jamais il n’en est ressorti...
‘ Photos truquées alors...
‘ Sans doute, mais pourquoi faire cela ? Juste pour se donner une excuse ? Pour avoir une explication pour sa capitulation ? Je n’y crois pas une seconde... Plus j’y pense et plus je me dis qu’il y a des choses qui ne collent pas, mais je n’arrive pas à savoir quoi...
‘ Le fait qu’ils aient eu une photo de toi ? Qu’ils l’aient travaillée pour te faire croire une histoire abracadabrante ?
‘ Le fait qu’ils aient eu une photo de moi ne me gêne plus, non, c’est le fait qu’ils aient su que mon grand père ait été aux USA dans les années 20. Et même ainsi, ils auraient dû savoir que je saurai à un moment ou à un autre qu’il ne pouvait pas être sur cette photo au moment où elle est censée avoir été prise... Non vraiment je ne comprends rien à cette histoire...
‘ Peut-être qu’il n’y a rien à comprendre... Ils voulaient peut-être juste te rendre fou en te mettant une idée précise en tête... Ils sont assez forts pour cela...
‘ C’est possible... Et puis il y a autre chose... cette chevalière...
‘ Tu ne l’as pas mise j’espère ???
‘ Je l’ai faite analyser avant. Elle était en argent pur. Il n’y avait aucun poison ou toxine diverse. Et aucun système d’écoute ni de caméra miniature. C’était juste un bête bijou. Et puis je l’ai faite fondre tout de suite après par mesure de sécurité.
‘ Qu’est-ce qui t’embête alors ?
‘ Elle était à ma taille...
‘ Oui et ?
‘ Je ne sais pas... Mais j’ai trouvé cela étrange, je ne sais pas pourquoi... Mais bon elle est détruite maintenant...
‘ Si tu l’as détruite alors il n’y a rien à craindre à ce sujet... Tiens pendant que l’on parlait, ma “foreuse” a percé le coffre... Le transfert est effectué.
‘ Génial... Ok c’est bon, j’ai l’argent...
‘ Je vais couper maintenant, il n’est plus prudent de continuer à se parler...
‘ Je te souhaite bonne chance pour la suite...
‘ Merci. A toi aussi.’


Le chat terminé, Thomas, qui avait encore un pile monumentale de dossiers à étudier, se renversa une nouvelle fois en arrière.
Fatigué, stressé, il ferma un instant les yeux, tentant de se concentrer sur n’importe quoi hormis ce qu’il avait vécu ces deux derniers mois.
Mais il n’y parvint pas.


Déçu, il rouvrit les yeux et son regard croisa la pendule murale qui, sur le coté droit du mur de la porte d’entrée, indiquait une heure indécente pour continuer à travailler.
C’est en la voyant que Thomas sentit une forte dose d’adrénaline monter en lui. Sans qu’il ne puisse rien faire pour la contrer, il se senti frissonner, glacé sans raison apparente par ce qu’il voyait.


Il avait beau se raisonner, il ne put s’empêcher d’éprouver un intense malaise à voir la trotteuse stopper sa course un instant, puis repartir en arrière pendant neuf longues secondes.
Neuf secondes qui parurent une éternité...

 

Fin de l’épisode