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Assis à son bureau, Thomas voyait toute une série de pensées bizarres lui traverser son esprit.
Ce n’était pas croyable, et pourtant... Le traqueur de Claire était formel. La connexion était bien effective avec Strasbourg. Avec des membres éminents de la Commission. Même Laudec était là... Il n’avait pas dit un mot ni frappé un lettre mais il était là. Il était comme... surpris, agacé... Humilié ?
Mais ce qui surprenait le plus Thomas, c’est la décision de l’exécutif de mener une telle opération. Il fallait qu’ ils soient vraiment ulcérés par le sabotage pour se livrer à de telles représailles.
Les représailles. Parlons-en ! Une telle mission était une folie. Thomas était presque navré de devoir les informer d’un refus, mais c’était la seule chose censée à faire.


Pirater la NASA. Pire encore, la détruire...
Thomas avait vu suffisamment de (mauvais) films sur ce scénario pour se faire une opinion tranchée. Une telle mission était une impossibilité.
D’abord, leurs locaux sont ultra-protégés. Le degré de protection est pratiquement le même que celui de la NSA. S’introduire par informatique... une connerie pure. Les ordinateurs centraux ne sont pas reliés au net. Et inutile de compter sur une liaison par électricité. La NASA tourne sur ses propres générateurs.


Et puis ensuite, que faire ? Plastiquer l’endroit ?
Outre que Thomas n’aimait pas les bombes, il faudrait plus qu’une camionnette pour cacher tout l’explosif requis. Et depuis Oklahoma City, et plus encore, de LAX, louer un tel engin faisait de vous un terroriste potentiel. Inutile de songer à un tel plan.
Pourtant, Thomas était quelque peu séduit par l’enjeu.
Un tel travail... Ce serait l’idéal. C’est l’Union qui paye. Donc un tarif qui défie toute raison... La certitude d’arriver à réunir la somme voulue en un rien de temps, au lieu des cinq ans estimés auparavant...


Cela mérite réflexion.
Et puis il y a ces deux gars qu’il connaissait en Floride...
Non, c’est une aberration totale.
Combien pourrait-il tirer d’une telle affaire...
Trop de danger, trop d’inconnues. Et trop de risques et de toute façon, ce n’est pas réalisable...
Ils ont demandé quoi au fait ? Chasser la NASA du marché des lanceurs... Faisable...
Et comment donc ? En plastiquant les fusées ?
Pas en les minant. Mais si un petit missile... On en trouve presque partout...


Pfff. Les abords sont surveillés par radar sur dix kilomètres de diamètre. Rien ne peux passer et ces engins ont une portée trop courte et de toute façon, leur vitesse est trop lente une fois la mise à feu effectuée.


Et si on tire juste avant ?
Et puis combien de temps de préparation faudrait-il ? Trois bons mois, au minimum...
Les boîtes tournent rond. Claire peut me remplacer un temps et pourquoi pas la comptable...
Sa décision prise, Thomas sortit de son bureau. Il alla trouver Claire, qui tentait de gérer correctement un planning raisonnable tenant compte du fait que la moitié des employés allaient partir se dorer le mélanome dans les semaines qui allaient suivre alors que les contrats affluaient de toute part.


“ Je dérange ?
- Vous êtes le patron...
- Claire, je suis désolé de vous imposer cela, mais je vais devoir vous laisser les boîtes pendant quelques temps...
- Hein ???
- Salaire double pendant mon absence et deux mois en plus après mon retour.
- Vous plaisantez ??? C’est la haute saison, là ! Votre préfet nous a envoyé un max de contrats pour vous récompenser de votre aide mais on a besoin de vous !!! Vous ne pouvez pas disparaître comme cela !
- Je vous laisse mon bureau, sous certaines condition, pour le restant de l’année.
- J’ai déjà trois absents cette semaine à remplacer !
- Je vous rend votre liberté de partir dans deux ans.
- Quoi ?
- Vous m’avez entendu. Je suis sur ce qui va être le plus gros coup de ma carrière je pense. Il va me rapporter assez pour que je puisse me permettre de vous laisser partir plus tôt. C’est ce que vous souhaitiez, non ?
- Je... L’an prochain.
- Décembre 2004.
- Je peux vous aider ?
- Je crois. Il me faut réfléchir et contacter certaines personnes avant d’accepter ce travail mais je crois que oui.
- C’est quoi comme travail ?
- Claire, je vous en parlerai si j’accepte la demande et pas avant. Je donne ma réponse demain. En attendant, vous pouvez toujours déménager dans mon bureau dès maintenant si le cœur vous en dit...”