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La nuit s’écoula lentement, au goût
des deux personnes qui chacune de leur coté, attendaient.
Laudec attendait le matin. Il attendait que Thomas se reconnecte.
Il ne savait que trop penser. Du point de vue de ses collègues, la décision
de faire appel au mercenaire était tout à fait justifiée.
Les États-Unis étaient allés beaucoup trop loin. Encore
plus qu’il ne le croyait car dans la nuit, il fut mit au courant de la
mort des deux gendarmes. L’autopsie avait montré que trois coups
de feu avaient tué les deux pandores. Il était resté une
balle dans le corps d’une des victimes. Une balle sans identification,
mais dont la matière, le tungstène, donnait la signature de celui
qui avait tiré. En dehors d’un “tueur de flic” , malfrat
ordinaire (les balles en tungstène pénétraient les plus
puissants gilets pare-balles), il ne restait plus que l’hypothèse
de l’agent secret.
Sans aucun doute la personne qui avait mené à bien son sabotage.
Son travail fini, il était parti via le Brésil. Inutile de songer
à le faire poursuivre, il y avait belle lurette qu’il avait dû
regagner sa base d’opération.Pas de coupable, pas de preuves exploitables,
pas de jugements, et deux femmes et quatre gosses qui passeront leur vie à
se demander ce qui a bien pu se passer. Laudec avait interdit de servir aux
familles l’ explication d’une embuscade tendue par des braconniers
ou des orpailleurs. Perdre des proches était suffisamment difficile comme
cela. Leur mentir en plus... Cela n’avait jamais fait peur à Laudec
mais dans cette situation... Et puis, fils de gendarme mort en service lui-même,
il ne pouvait permettre de laisser passer cela. Cela lui était insupportable.
Au petit matin, sur l’impulsion de Saint-Clair, il avait résolu,
malgré la rivalité qui l’opposait à Thomas, de lui
demander un travail supplémentaire. Cela coûterait ce que cela
coûterait, mais il était même prêt à payer le
supplément de sa poche. Bien entendu, les deux hommes se mirent d’accord
sur le fait de ne pas mêler D’Aymont à tout cela. Le général
serait fou furieux, mais pour Laudec, le souvenir de son père mort était
un motif suffisant pour passer outre la mission du général.Plus
au sud, Thomas n’avait pas dormi non plus. Il avait passé la nuit
avec Claire afin de peaufiner sa stratégie. D’abord réticente,
Claire finit, au cours de la soirée, par admettre que cela était
possible. Si les conditions matérielles et humaines étaient réunies,
elle avait fini par admettre que le plan de Thomas était réalisable.
Satisfait, ce dernier s’isola alors afin d’entrer en contact avec
certaines de ses connaissances et certains anciens amis de Claire, tous sur
le sol américain.
Et au petit matin, satisfait, Thomas rentra chez lui en attendant l’heure
du rendez-vous. Un petit somme avant, et tout serait pour le mieux.Et l’heure
arriva.