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“ Vous en êtes certaine ?”
Pendant que l’ordinateur épluchait les actes notariés, D’
Aymont, par pure forme, avait reposé la question.
“ Absolument pas. J’ai juste vu le nom sur une carte et cela m’a
fait repenser à ma première visite à mon frère quand
il venait d’être muté à la base de Longvic. Il prenait
sa douche et en l’attendant, j’ai lu le journal, et j’ai remarqué
qu’il avait entouré des annonces immobilières. Des fermes
dans les alentours d’Echevronnes, un petit village de la Côte. J’ai
trouvé cela étrange qu’il veuille acheter alors qu’il
était logé gratuitement...
- Cela va durer encore longtemps ?”
D’Aymont s’était adressé à l’opérateur,
impatient de savoir s’il tenait enfin une piste...
“ Impossible à dire, mon Général. La machine trie
des milliers d’actes notariés. Cela ne devrait pas prendre long...
C’est fini...”
L’écran changea de configuration. Une liste de quinze actes apparurent,
classés par ordre alphabétique.
“ L’ordinateur a trouvé quinze ventes de fermes ou de maisons
dans la région d’Echevronnes pour la période demandée.
Voici les noms des acheteurs et les adresses...”
Les six yeux scrutèrent l’écran, mais nulle part le nom
de Beaulieu n’apparut.
Décu, le général releva la tête, mais Anne continua
la lecture.
“ Ici !
- Quoi ?
- La vente d’une ferme. Charles a bien acheté une ferme. Et il
ne me l’a jamais dit...
- Son nom...
- Ici, Acheteur : Charles Saulnier. Saulnier est le nom de jeune fille de notre
mère...
- Une coïncidence ?
- Croyez-moi général... Les coïncidences, cela n’existe
pas...
- Très bien. Appelez les unités. Nous nous mettons en route dès
maintenant pour une mission de capture. Deux cibles. Un hostile, présumé
armé et dangereux, un indéterminé. Vous venez avec nous,
lieutenant ?
- Avec joie, général...
- Alors en route !”
Quelques minutes après que les ordres furent donnés, trois fourgons,
chargés à plein d’hommes et de matériel, se mirent
en route. Deux heures de route seraient à peine suffisant pour étudier
les abords de la ferme, aussi D’Aymont ordonna t-il à ce que les
trois chefs d’escouades restât avec lui pour peaufiner la stratégie.
Anne, quand à elle, fut mise quelque peu à l’écart.
Sa présence n’était pas indispensable, mais elle pourrait
s’avérer utile en cas de négociations. C’est dans
cette optique que D’Aymont n’avait pas enregistré Charles
Beaulieu comme “hostile”. Le fait qu’elle soit là pourrait
être un atout majeur. Et montrer que l’on préserver quelque
peu son frère serait un atout tactique non négligeable.
Au fur et à mesure des études, la suite de l’opération
apparut sous un jour très favorable. la ferme, un peu à l’écart
de la route, n’avait qu’un accès carrossable. cela réduisait
les risques de fuite par la route, même si un VTT ou une moto pouvait
sans problème franchir les bois environnants. Une escouade, répartie
tout autour, s’assurerait que cela ne serait pas le cas. Les deux autres
forces seraient elles concentrées autour du bâtiment principal
et de la grange. Ensuite, une fois l’encerclement réalisé,
ils se feraient connaitre des deux fugitifs qui n’auraient plus que le
choix entre la reddition et la mort.
Les choses iraient ensuite plus vite. Une fois prisonniers, Anne serait écartée
de la mission. Ensuite, eh bien... Des prisonniers abattus pendant une tentative
de fuite, cela se voyait souvent... Personne ne pourrait dire le contraire.
Un rapide classement de l’affaire par la justice et tout serait consommé...
Laudec serait définitivement rassuré. Le poste de D’Aymont
définitivement confirmé. Et ensuite...
Mais Charles d’ Aymont stoppa là ses réflexions. Il était
encore bien trop tôt pour parler de la suite, et il se reconcentra sur
la carte agrandie de la ferme, cherchant les éventuelles issues dérobées
et les plans d’évasions possibles afin de mieux les contrer.
Thomas était doué pour les trouver. Sa capture dépendait
de la faculté de d’ Aymont de le contrer. Il le savait. Et il savait
aussi qu’il n’avait plus droit à l’erreur...