A6

“ Elle ne l’a pas fait ?
- Trop de perturbation, je pense. Et puis elle n’a pas été signaler la disparition de son mari, comme convenu. Cela a suffit pour que quatre jours après, la police vienne lui demander quelques explications. Elle n’a pas du être très convaincante.
- Ils l’ont emmenée ?
- Plutôt deux fois qu’une... Suspectée d’homicide volontaire, ils n’allaient pas prendre de gants avec elle. D’autant plus qu’elle n’avait pas encore jeté la queue de son homme. Une preuve pareille... Avec ce qu’elle a vécu, elle devrait s’en tirer avec le minimum. Mais je crois qu’elle ne reverra pas sa fille de sitôt.
- La pauvre...
- En ce moment, les assistantes sociales ne sont pas tendre. C’est bien normal après tout. De leur point de vue, elle aurait du les appeler depuis longtemps ainsi que les flics au lieu de faire flinguer son tendre et cher.
- Mais tu ne m’as pas dit qu’elle avait peur de se voir retirer la garde à cause de son passé ?
- C’était bien le cas. Elle aurait pu s’en tirer si elle avait agit comme je le lui avait dit de faire, mais par peur, par honte, par hésitation ou par stupidité, elle aura tout perdu.
- La malheureuse...Enfin... Les choses se terminent plutôt pour sa fille.
- Tu trouves vraiment ? Orpheline de père, même si c’était un salopard de première, et séparée de sa mère... Je ne voudrais pas me trouver à sa place.
- Si Dieu lui a donné ce destin, alors nous devons nous incliner. Il a chatié durement le fautif, nous devons deja nous en réjouir.
- Si l’on veut, oui...
- Pourquoi cela ? Tu regrettes de l’avoir tué ?
- Pas vraiment. Il ne manquera à personne. Non je regrette juste un peu que tu te réjouisse un peu facilement de ce que j’ai fais.
- Je te choque à ce point ?
- Un peu oui quand même... Tu es une religieuse. Une servante d’un Dieu qui prêche le pardon si je ne me trompe...
- Thomas, le pardon est une chose sacrée pour nous Croyants, mais pour l’accorder, il faut deja faire preuve de remords et d’un désir sincère de vouloir changer. Avant de prendre le voile, j’ai suivi des cours de psychologie et de sociologie, tu t’en souviens quand même non ?
- Je ne risque pas d’oublier...
- Ces hommes, les violeurs d’enfants, ne font preuve de pratiquement aucun remords ou regret sincère. Et une fois libérés de prison, ils finissent presque immanquablement par recommencer. Je pense qu’il aurait été inutile d’en attendre autre chose de ta victime. Tu n’as pu protéger une innocente, mais au moins son violeur ne nuira plus jamais à personne, et c’est bien là le principal.
- Tu sais chère soeur, je t’aime beaucoup. Mais parfois tu me fais froid dans le dos, tu le sais ?
- Première nouvelle. Tu défends les pervers sexuels maintenant ?
- Pas vraiment. Mais j’ai relevé ton “presque immanquablement”. Crois tu sincèrement que si tu le pouvais, tu ferais tuer tous les abuseurs pour éviter toute récidive, et ce même si, disons, un sur mille d’entre eux pouvait ne pas recommencer ? Se repentir sincèrement et rester calme le restant de ses jours ?
- Cher frère, au nom de toutes les victimes innocentes que feraient les autres, ceux qui recommenceraient, je n’hésiterais pas une seule seconde à les tuer tous. Je laisserai le soin à Dieu d’acceuillir l’innocent sacrifié en Son sein. La félicité éternelle compensera immanquablement la mort injuste qu’il aura eu.
- Je suis bien content de ne pas être pédophile...
- Et moi aussi, je suis bien contente que tu ai un comportement normal de temps à autre... Tu ne m’avais pas dit en avoir eu un second ?
- Un deuxième pédo ? Oui et non. Une fois cette première affaire réglée, la seconde, celle avec la copine de l’avocate m’est tombée dessus. Mais la, j’agissais en tant que Privé au sein d’Investigations. Un truc officiel, donc. Tu veux que je te racontes ?
- Le Seigneur me pardonnera mon insatiable curiosité.
- Bon ou j’en étais alors ? Ah oui. L’avocate m’avait donc prévenu qu’ un adolescent risquait d’être violé par son oncle paternel pour des raisons religieuses, et que sa mère voulait l’en protéger. Pour faire court, j’ai bien entendu commencé par rendre visite à la mère. Ce n’est qu’après que je me suis intéressé au reste de la famille, histoire de voir si l’on ne m’avais pas raconté des carabistouilles, comme on dit plus haut...”