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“ Seigneur Jésus...
- Quand tu invoques le nom de ton mari, c’est toujours pour marquer ta grande indignation, tu l’as remarqué ?
- Si je ne te connaissais pas autant, je dirais que tu es un être sans coeur ni foi. C’est vrai dans une certaine mesure, mais je sais que tu as toi aussi tes limites en ce qui concerne l’innaceptable. Comment tout cela s’est-il terminé alors ?
- Pour faire court, tu vas pouvoir me ressortir le nom de ton époux... Pour être plus précis, à ce moment là, j’ai accepté le travail. J’étais donc chargé officiellement de trouver tous les éléments à charge me permettant de prouver par a plus b que son fils, Laisenia, courrait un grave danger s’il repartait comme prévu pour les iles Fidji. Sa mère, Francine, entendait utiliser tous les éléments pour faire un scandale du tonnerre tel que ni la justice, malgré son impossibilité d’agir, ni l’ambassade ne pourraient ignorer la question. Je me suis donc mis au travail... Pour commencer, j’ai pris mes renseignements. Laisenia Marana est un adolescent de treize ans. Il est scolarisé au lycée Macé à Paris. Bien entendu, je n’ai pas agit légalement. Je me suis fait passer pour commencer pour un père de famille voulant inscrire son enfant suite à un déménagement. Cela m’a permis de voir la disposition des lieux, d’évaluer leur niveau de sécurité pour ma visite nocturne. Tu serais scandalisée de savoir le peu de cas que fait l’Etat de la sécurité de ses dossiers scolaires. Les serrures sont juste assez bonnes pour fermer un cagibi et leurs détecteurs sont saturés et rendus inefficaces en à peine dix secondes... Et je ne te parle même pas des armoires métalliques ou sont rangés les fichiers papiers. Ah, cette manie de toujours vouloir mettre une copie sur du papier... C’est une bénédiction pour nous les cambrioleurs. On n’a plus à essayer de deviner les mots de passe des ordinateurs. Un petit pied de biche suffit pour tout forcer. Bien entendu, j’ai fracturé tous les tiroirs afin que personne ne puisse savoir pour quel dossier j’étais venu. Bref, j’ai lu son dossier. J’y ai appris son adresse (que sa mère m’avais deja fourni d’ailleurs), et son historique scolaire. La j’ai eu une surprise. Laisenia était un bon élève. Un très bon même. Il avait eu une faiblesse en cinquième durant deux trimestres où sa moyenne était tombée à 11. Sinon, il n’avais jamais de notes en dessous de treize.
- Je ne vois pas en quoi cela est étonnant.
- Si tu te souvenais correctement de tes cours de psychologie pédiatrique, tu saurais que l’un des signaux d’alarme pour les enfants victimes de maltraitances est la chute des résultats scolaires. Or, à part cette faiblesse, il n’y avait pas de signe. Bon, je me suis dit, le gars est une exception. Mais pour en savoir plus, il me fallait le rencontrer. Et voir comment il vivait.
- Avec tes dons tu as du trouver la solution, non ?
- Je n’ai même pas eu à réfléchir. Son dossier mentionnait le fait qu’il était depuis trois ans membre d’une équipe scolaire de rugby. J’avais une excuse de choix. J’allais me faire passer pour un dénicheur de talent. Quand à la visite à domicile, j’allais user de mon grand classique. La panne de téléphone et la venue d’un réparateur. Il me fallait juste trouver quel était l’opérateur choisi par la famille. Leur numéro étant sur l’annuaire, j’ai appelé en me faisant passer pour un fournisseur téléphonique. J’ai pu ainsi savoir quel était leur opérateur. Mais avant de sortir la camionnette, je devais aller sur le terrain de rugby afin d’en savoir plus sur Laisenia...”