C2
Proche du métro, en étage élevé, avec son établissement à deux rues de là et l’école de sa fille sur le chemin, Rose Héloïse aurait eu toutes les raisons du monde de remercier qui de droit pour la vie qu’elle menait. Mais l’enfer que la femme vivait actuellement rendait toutes considérations matérielles futile et un brin déplacé.
Toujours vêtu de son déguisement de rouquin barbu, Thomas entra dans l’appartement et sa cliente le mena à l’ordinateur. Ce dernier était allumé et l’écran affichait une demande de nom de code et de mot de passe.
“ Quand mon mari a acheté ce truc, je n’en voyais pas vraiment l’utilité. Mais pouvoir faire mes comptes la dessus est plus pratique qu’avec un crayon je dois bien le reconnaître. Il a crée deux utilisateurs, comme il appelle cela. Il n’a pas accès à mes comptes et moi je n’ai pas accès au sien.
- C’est une protection classique. J’ai la de quoi la forcer.”
Thomas sorti un petit paquet de cd et il en choisit un parmi ces derniers, qu’il introduisit dans le lecteur. L’écran vacilla un instant et une nouvelle case fit son apparition.
“ Avant tout, quel est le prénom de votre mari ?
- Didier, pourquoi ?”
En guise de réponse, Thomas frappa la lettre D. Le nom de code se compléta alors automatiquement.
“ Il ne s’est pas foulé pour son nom de code... Et un grand merci à l’inventeur de la fonction “remplissage automatique...”.
“ Vous faites quoi, là ?
- Si j’en crois le programme que j’ai inséré, son mot de passe comporte onze caractères. Connaissez-vous un mot, un lieu en onze lettres se rapportant à votre mari ? Ou votre fille ? ou encore vous ?”
Rose fronça longuement les sourcils, se remémorant l’endroit de leur rencontre, l’endroit de leur mariage, le lieu de leur lune de miel, un surnom... Quoique ce fut, aucun ne possédait onze lettres.
“ Dans plus de 95 % des cas, un utilisateur va prendre un mot facile à se remémorer, quelque chose qui se rapporte à lui. C’est pourquoi la plupart du temps les mots de passe sont si facile à trouver.”
Rose rougit intérieurement. Elle avait choisi le prénom de sa mère comme mot de passe...
“ Toujours rien ?
- Malheureusement non. je ne vois pas. En onze lettres...
- Cela ne fait rien.”
Thomas tapota alors le clavier et la troisième case s’activa. Le rythme était trop rapide pour le voir à l’oeil nu mais le virus essayait toutes les combinaisons de lettres en onze caractère afin de forcer la serrure.
“ Cela va prendre quelques minutes... En attendant, je vais jeter un oeil dans les affaires de votre mari.”
Rose indiqua à Thomas les meubles spécifiques à son mari. Thomas regarda du mieux qu’il put tout en faisant attention à ce que sa fouille ne soit pas détectable, mais il ne trouva rien de concluant. Il se rassit alors au bureau et, quelques dizaines de secondes après, l’écran de l’ordinateur vira de couleur. La serrure était forcée.
“ Alors voyons ce que nous avons... Dites moi madame, est-ce que votre mari ou vous aimez le maïs ?
- Heu non pourquoi cela ?
- Le mot de passe du bureau de votre mari est “maïs tendre”.”
A ces mots, Rose fut prise d’une crise de pleurs. Thomas tenta un peu de la calmer passé les trois premières minutes de larmes, mais il y renonça, jugeant qu’il valait mieux qu’elle se vidât une bonne fois pour toute.
“ Excusez-moi, mais je n’en peux plus...
- C’est compréhensible.
- C’est à cause de ma fille. Mon mari l’appelle tout le temps “mon petit épi” à cause de ses cheveux blonds...
- Cela ne plaide pas en sa faveur. Il y a sur son compte une grande quantité de photos et de vidéos. Vous avez une caméra ?
- Oui, il l’a achetée il y a trois ans pour des vacances.”
Thomas ne répondit rien. Il avait activé sur l’ordinateur la recherche des derniers éléments ouvert, et en se servant de cette base il remontait aux dossiers cachés sur le disque dur.
Bientôt, une liste assez longue de vidéos et de photos aux noms barbares s’afficha. Thomas sélectionna les photos qui s’ouvrirent toutes dans leurs fenêtres et l’horreur commença.
Ouvertes par ordre chronologiques, elles montraient la petite fille sous divers angles. l’enfant, sur les premiers clichés n’était pas âgé de plus d’un an. Dès les premières secondes, Rose se détourna de l’écran et commença à crier sa rage de voir sa fille soumise dès le berceau aux exactions les plus infâmes. Soucieux d’aller vite, et sachant pertinemment ce qu’il allait voir, Thomas visionna en vitesse les clichés, les refermant au fur et à mesure, veillant toutefois à ne pas encore les effacer.
Les photos, plus abjectes les unes que les autres, mettaient en scène la petite fille sur sa chaise de nourrisson pour la plupart. Elle y tétait non une tétine ou un biberon, mais le sexe érigé de son père. D’autres photos montraient la gamine endormie, la main en position pour la tétée nocturne mais la main était visiblement déplacée durant le sommeil pour laisser la encore la place au pénis raidi et gonflé par le plaisir de son père. Le sexe de ce dernier présentait une nette particularité. Un grain de beauté sur le coté gauche du corps caverneux.
Au bout de la trentième photo, lassé, horrifié, Thomas coupa court au spectacle dégradant et ferma d’un coup toutes les fenêtres.
Il restait les vidéos. Il y en avait une cinquantaine. Thomas, sachant très bien ce qu’elles contenaient, se contenta d’ouvrir les plus récentes.
La fillette, âgée alors de quatre ans, prenait son bain, seule. Mais rapidement, son père, nu, venait se joindre à elle et Thomas coupa la vidéo juste avant une énième fellation subie.
Jetant un oeil rapide aux autres documents, Thomas constata cette fois que l’enfant victime n’était pas la fillette. De très jeunes filles allongées et nues, jambes écartées, recevaient divers objets ou légumes en leur trop jeune vagin. Leurs visages exprimaient toute la gamme des émotions ressenties en ce cas la. Les larmes, le dégout, les pleurs plus ou moins prononcés. Sur une vidéo, une fille de trois ans à peu près semblait avoir la larme à l’oeil. Un examen plus attentif révélé en fait la trace d’une coulure de sperme sur le visage, juste sous l’oeil.
Une dernière salve de vidéos montraient cette fois ci de jeunes garçons en compagnies de personnes bien plus agées qu’eux. En grande majorité des hommes. Mais quelques femmes également s’accouplaient avec ce qui semblait être leurs fils de moins de dix ans. Pendant que ce qui semblait être leur père déversait sur le dos de l’un d’eux de puissantes giclées blanchâtres. Le film s’achevait sur les deux garçons, nus, ensembles, se livrant à de courtes fellations mutuelles avant d’ expulser quelques gouttes sur le pubis de leur père qui semblait réjoui de cela.
Une ultime séquence mettait enfin en scène un jeune adolescent à peine velu au pubis, qui introduisait son sexe dans l’anus d’un garçonnet de quatre ans tout en lui caressant le très jeune pénis dressé.
Thomas coupa la séquence à ce moment là.
Rose continuait de pleurer sa honte et sa colère. Thomas éteignit l’ordinateur et récupéra le disque qu’il rangea dans une de ses poche.
Puis il sorti un mouchoir qu’il tendit, plié. Rose s’en empara et sécha ses larmes et ses pleurs.
“ Je ne veux plus que ma fille subisse tout ça. Je veux que ça s’arrête.
- Je peux m’en occuper de différentes façons.
- Je ne veux plus le voir en vie. Je veux qu’il crève, ce fumier.
- Avec ce qu’il a fait subir a votre fille, c’est bien normal, mais il y a des choses que vous devez bien comprendre avant.
- Lesquelles ?
- Par exemple, une fois l’affaire lancée, vous ne pourrez plus faire marche arrière. Il faut également vous dire que mes services ne sont pas gratuits.
- N’importe quel prix... Je veux que ce salopard disparaisse à n’importe quel prix !
- Pour vous, pour votre demande, je vous demanderai 25 000 euros.
- Vous les aurez !”