C3
Le vendredi soir était enfin arrivé. les deux journées précédents, je les avais mises à profit afin de préparé l’enlèvement, la mort, et la disparition du cadavre du violeur.
Le travail, correctement fait, devait remplir un objectif supplémentaire : faire en sorte que ma cliente ne soit pas suspectée de la disparition programmée. A cette fin, j’ avais fait livrer par le poste un disque contenant un virus informatique qui effacerait toutes les photos et les vidéos de l’ordinateur de ma cliente. Mais, pour des raisons pratiques, je lui avais fait bien spécifier de ne le faire qu’après la disparition de l’époux pervers. Il me fallait en effet tenir compte d’un échec possible de l’interception, et la destruction de ses chers souvenirs immondes aurait tôt fait de faire comprendre à ma cible qu’il avait été découvert. Dès lors, Rose et, pourquoi pas, sa fille seraient alors plus en danger qu’elles ne l’étaient actuellement. J’ai été suffisamment clair là-dessus pour que ma cliente obéisse.
Les renseignements de cette dernière étaient précieux. Je savais que le mari allait rentrer son camion au dépôt dans la banlieue de Jonage avant de reprendre sa voiture et de retourner sur Lyon. C’est là qu’il lui fallait frapper.
Enlever, ligoter, transporter, vérifier, exécuter, évaporer. les six phases d’une mission réussie.
L’enlèvement serait la partie la plus sensible de l’opération. Je ne pouvais prévoir la quantité de personnes présentes sur le dépôt. Mais c’était là ou je devais toutefois agir, la circulation routière étant trop intensément imprévisible sur la départementale qui reliait Jonage à Lyon. Heureusement, mon bracelet fixé au poignet droit, chargé d’une dose de mon anesthésiant favori l’Hypnodol, me permettrait d’agir vite. Mais tout était dans la préparation.
Le jour choisi, Je suis donc allé louer ( sous un faux nom et en liquide) un véhicule 4x4 dans le coffre duquel j’ai placé un bodybag ouvert. Sur le coté, j’ai préparé des liens prénoués afin de pouvoir entraver efficacement et rapidement ma proie. Puis j’ai installé des poids de l’autre coté. Le coffre refermé, Je me suis mis en route pour Jonage. Je ne suis pas entré dans la zone industrielle mais je me suis garé sur un chemin de ferme qui longeait cette dernière. J’ai coupé le moteur, et j’ai attendu. Lisant alternativement et pour rien une carte routière et un livre (afin de donner le change à un éventuel passant), j’ai laissé passer le temps, surveillant les passages des camions afin de ne pas manquer le retour de ma victime. Étant garé a coté de l’entrée du dépôt, je ne pouvais pas le manquer. J’ai attendu deux bonnes heures avant que son camion n’arrive. En cette saison, il faisait pratiquement deja nuit, cela allait me faciliter la tâche.
Je l’ai laissé ranger son camion, reprendre sa voiture et c’est quand il a commencé à sortir que j’ai agi. J’avais déplacé la voiture sur la route d’accès, en direction de Lyon, et cela n’a pas loupé. En le voyant arriver, je suis descendu du 4x4, avec une carte à la main. Le type a cru que j’allais lui demander mon chemin et il ne s’est pas méfié. Il s’est arrêté, il a baissé sa vitre, et avant qu’il ne comprenne il avait de l’Hypnodol dans les poumons. Il est tombé comme une masse. J’ai fait tout le reste de ce qui va suivre en une minute.
J’ai ouvert sa voiture, coupé le moteur. J’ai ouvert ma porte arrière et je me suis saisi de lui. Le traîner n’a pas été facile, le gars pesait un bon 90 kilos, mais bon, je suis entraîné... Je l’ai plaqué sur le 4x4, lui ai grimpé les jambes et je l’ai entravé, les mains derrière le dos. Ensuite j’ai refermé le bodybag, j’ai fermé les portières et je suis parti. Une minute, à cinq secondes près. Personne ne m’a vu, enfin je crois, en tout cas personne n’est venu et le temps que quelqu’un appelle, j’étais deja en route pour les dombes proches. Je ne sais pas si je l’ai deja dit, mais j’apprécie vraiment ces vieux marais tout près de la ville. A peine vingt bornes et on a de quoi se débarrasser des corps encombrants. Le rêve.
Je ne lui avais pas administré une grosse dose car je voulais qu’il comprenne qu’il allait mourir. Il s’est réveillé cinq kilomètres avant d’arriver aux marais. Tu aurais du l’entendre... Il gueulait dans le sac, mais le son était étouffé par le moteur, et il n’y avait presque pas de circulation aux abords des dombes. Je me suis engagé sur un chemin de terre et j’ai continué à rouler jusqu’aux abords d’un étang que je savais profond. Il n’y avait personne dans un rayon de cinq kilomètres à la ronde. Je suis descendu, j’ai ouvert et je lui ai collé un coup sur le crâne, histoire de le calmer un peu. J’ai descendu l’assommé de la voiture, il ne bougeait presque plus. J’ai ouvert le sac. Il avait les yeux mouillés de larmes. Il avait une peur bleue, c’était visible. Je crois qu’à ce moment là, il ne savais pas pourquoi il allait y passer, mais il savait qu’il allait y passer. J’ai sorti un couteau et une lampe. Il était trop stressé et trop entravé pour protester efficacement quand j’ai coupé sa braguette. J’ai sorti sa queue pour la regarder.
Je l’avais dit, deja, il me semble. Sur les photos et la vidéo, que le mec qui se faisait sucer par un bébé avait un grain de beauté sur le coté gauche de sa bite. J’ai regardé, il y était. C’est là qu’il a compris pourquoi il se trouvait ici. Comme il n’avait pas de bâillon, il s’est mis à avoir la force de gémir et de me supplier. Je n’ai rien dit. J’ai sorti mon arme avec son silencieux, et j’ai tiré, ignorant le traditionnel “Noooon !”.
Quatre balles. Trois dans le ventre, une dans la tête.
J’ai repris ensuite le couteau, et je lui ai coupé la queue, que j’ai rangée dans une boîte. Ma cliente voulait avoir la certitude que son mari était mort. Je sais, sa tête eut été une meilleur preuve, mais un sexe coupé est plus facile à faire disparaître ensuite qu’une tête. Et c’est plus discret aussi quand on la fait livrer. Et puis je soupçonne ma cliente de vouloir se défouler sur l’objet coupable. Je ne l’en blâmerai pas.
Âpres, j’ai mis les poids amenés dans le bodybag. J’ai ouvert le ventre du cadavre avec mon couteau et j’en ai sorti les intestins. Je les ai placés a coté de lui.
Pourquoi ? Pour empêcher le corps de remonter à la surface. Lors de leur décomposition, les intestins produisent un gaz qui fait remonter les corps. Vous n’avez jamais vu un corps de noyé, le bide gonflé comme un Biafrais ?
Mis a coté dans un sac troué, les gaz produits s’échapperont et le corps restera gentiment au fond. Surtout avec les poids. J’ai refermé le sac et j’ai traîné le tout jusqu’à atteindre le point de la rive qui est à pic vers le fond. Six mètres de flotte opaque de vase. J’ai jeté le tout et l’ensemble a coulé en quelques dizaines de secondes. Je suis alors revenu sur mes pas, en les effaçants, ainsi que la trainée du corps, et je suis reparti vers la ville. Dans un village proche, mais pas le plus proche, j’ai posté la boîte prétimbrée. A sa réception, ma cliente effacera de son ordinateur les photos de son cauchemar et elle pourra essayer de se refaire une vie normale. En tout cas, c’est ce que je lui avais souhaité...